Alicia Kirchner, soeur du Président et Ministre chargée de la distribution de l´aide sociale, gère un budget de 3,2 milliards de pesos, soit 1,1 milliard de dollars.
Tous les plans se distribuent exclusivement par son intermédiaire et elle contrôle ainsi les piqueteros, les opérateurs politiques de tout le pays.
C´est ce qu´on appelle ici le clientélisme, ce qui permet de faire perdre ou gagner les consultations populaires, et, en cette année électorale, son rôle est primordial.
C´est ainsi que Duhalde, par exemple, maintient son pouvoir dans la Province de Buenos Aires, avec des plans sociaux gérés par son épouse Chiche. cette dernière dispose dans chaque quartier de la province, de femmes, opérateurs politiques, appelées « manzaneras » qui, contre une fidélité sans faille à son conjoint, distribuent la précieuse manne.
On comprend mieux, ainsi, ces manifestations, soient disant spontanées, qui naissent subitement pour aider à faire tomber un gouvernement (De La Rua) ou pour manifester contre ou en faveur de projets dont on à peine à croire qu´ils intéressent ces pauvres gens.
Bref, pour contrecarrer la position de Duhalde dans la province, Alicia a créé les « Margaritas», son deuxième prénom, qui fait exactement la même chose que les manzaneras, mais qui répondent aux appels de Kirchner.
Il en va ainsi dans tout le pays, avec son lot de Provinces oubliées et son lot de Provinces chéries.
Ça se passe comme cela en Argentine, et plus la situation économique est difficile, plus la valeur ajoutée de telles pratiques dans le résultat des élections détruit petit à petit les processus démocratiques.
Nous passerons sur les différents scandales qui entourent cette gestion, on peut facilement les imaginer, le manque de contrôle des institutions, le népotisme et l´exercice solitaire du pouvoir ne sont pas les meilleurs éléments pour favoriser la transparence de la gestion d´un gouvernement.