
La crise économique de 2001 a vu naître un nouveau type de moyen de survie à Buenos Aires. Ce sont les cartoneros. Tous les soirs ils font les poubelles, en sortent les cartons, d´où leur nom, trient tout ce qui peut être vendu, tout ce qui peut être mangé.
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La scène se répète inlassablement. D’abord, on entend le cliquetis d’un vieux caddie. Puis c’est une ombre furtive que l’on voit passer. Cette ombre s’arrête près d’un sac poubelle que quelqu’un a abandonné sur le trottoir moins de dix minutes auparavant. Après une brève inspection du sac, l’ombre et son caddie continuent leur chemin, sans rien emporter.
Le juge Roberto Gallardo, personne ne lui demandait rien, avait émis un jugement contre la ville, lui demandant de verser 205 pesos à tous les enfants de cartoneros afin d´éviter le travail infantile.
Louable décision, certes, mais qui ne lui appartient pas de prendre, car les finances de la Ville font l´objet d´un budget que seul peut modifier ses représentants.
Cette décision de justice n´a donc pas été suivie d´effet, raison pour laquelle, hier, il a bloqué tous les comptes bancaires de la Ville, soit plus de 1.100 millions de pesos.
Avez-vous noté, vous aussi, que c´est pendant les campagnes électorales que les bons sentiments pleuvent de toutes parts, les insultes aussi d´ailleurs.
On navigue entre larmes à l´oeil et l´arme au poing.