Une partie de la ville sans lumière
Hier la chaleur se mit à monter dans la soirée comme d’habitude. Les murs des immeubles baignés de soleil pendant la journée ainsi que la chaussée font monter dans ces nuits de canicule une chaleur étouffante.
Et chacun d’allumer sa climatisation et boum, on est dans le noir. Dans certains quartiers, ce matin encore, l’électricité était absente.
On accuse bien sûr les entreprises électriques, mais le problème est tout autre. Les bureaux publics ou privés sont équipés d’appareils modernes de climatisation et tournent toute la journée sans que cela pose le moindre problème.
Les particuliers, par contre, ont la mauvaise habitude de conserver des appareils dont l’usage devrait être interdit. Vieux, poussifs, n’ayant jamais reçu le moindre entretien, crachotant dans la rue l’humidité condensée, ils font non seulement un bruit de moissonneuse batteuse, mais leur consommation en électricité est inversement proportionnelle au froid qu’ils arrivent à produire.
Les jours de fortes chaleurs, il faut pratiquement un parapluie pour se promener dans Buenos Aires.
On accusera encore les fournisseurs d’électricité (étrangers) jusqu’à ce qu’ils soient remplacés par des entreprises locales, c’est presque terminé, et alors, alors seulement, on essaiera, je le souhaite, de légiférer sur les appareils d’air conditionné et les Argentins pourront écouter sans se fâcher un cours d’économie domestique et de comportement civique.