Archive pour le 13 décembre 2005

La baisse des subventions agricoles

Mardi 13 décembre 2005

Oui, oui je connais la chanson, l’Argentine demande comme ses voisins une baisse des subventions agricoles. Pourquoi ?
Cela profitera aux petits producteurs des pays pauvres.
C’est totalement faux!
Je crois qu’il serait bon de dire la vérité, une baisse des subventions agricoles profiterait simplement aux groupes multinationaux implantés depuis un moment dans ces pays, à moindre coût. Seules les grosses exploitations qui n’ont d’ailleurs jamais gagné autant d’argent qu’aujourd’hui en profiteraient.
Et comme on ne donne rien sans rien, elle augmentera le chômage, laissant la porte ouverte aux industriels et aux sociétés de services des pays riches qui vont s’engouffrer dans cette ouverture du marché jusque-là refusée.
Sans parler du fait que le jour ou, par ce biais, les États-Unis et l’Europe contrôleront le prix des denrées alimentaires, se nourrir, dans les pays pauvres, coûtera de plus en plus cher.
Mais bon, comme tous les Caudillos d’Amérique latine attendent cette nouvelle avec impatience pour pouvoir faire de beaux discours politiques devant leurs électeurs, en témoignant de la force de volonté qu’ils durent déployer pour tordre le bras à l’OMC, et comme cela correspond aux désirs des multinationales, attendez-vous par ici à vous serrer la ceinture d’un cran supplémentaire.

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Nouvelle photo entête

Mardi 13 décembre 2005

Un grand merci à Daniel qui vit à Bariloche. Excellent photographe et réalisateur de sites internet. Daniel Alberstein est Franco Argentin et vit à Bariloche depuis 1989.
Visitez son site
Et j’attends des commentaires, nom d’une pipe!
Il faut reloader (recharger la photo d’entête pour supprimer l’ancienne qui est dans votre mémoire cache)
nouveau
Pendant que vous y êtes, profitez en pour visiter le site de Viviana Dziewa, il est superbe et c’est une artiste remarquable.

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Chávez, l’exemple bolivarien de l’économie populiste

Mardi 13 décembre 2005

Intéressant de voir à quel point l’économie Vénézuélienne s’est dégradée depuis l’arrivée de Chavez au pouvoir.
Pourtant, la manne pétrolière n’a jamais été aussi abondante et fructueuse. 350 milliards de pétrodollars depuis 1999.
Pendant ce même laps de temps, l’indice de pauvreté est passé de 43% à 54% de la population. L’indigence de 19,9 à 28,1%.
7000 entreprises ont fermé. La dette extérieure est passée de 22 milliards à 27 milliards et la dette publique interne de 1 milliard à 13,5 milliards.
Selon le PNUD (Nations Unies) 47% des Vénézuéliens vit avec moins de 2 dollars par jour et 22% souffre de dénutrition.
Les 350 milliards ont néanmoins été dépensés !
Bravo !

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Faisons les comptes de fin d’année ou la convertibilité populiste (deuxième partie)

Mardi 13 décembre 2005

D’après Fernando A. Iglesias
Suite de ce billet.
En termes de macroéconomie, la convertibilité de Lavagna n’a pas été supérieure à celle de Cavallo. Pendant les 42 premiers mois la première convertibilité a augmenté de PIB de 32%, ce qui exactement le résultat obtenu par Lavagna dans des circonstances beaucoup plus favorables compte tenu de la baisse des intérêts sur le plan international, de la hausse des rétentions à l’exportation et du tour de passe-passe sur la dette extérieure.
Quant aux indices sociaux, entre le plus de l’hyperinflation et les 42 mois qui suivirent la première convertibilité néolibérale, la pauvreté était passée de 47,3% à 19,0% et l’indigence de 16,5% à 3,5%.
La performance de la convertibilité populiste a réduit la pauvreté de 53% à 38,5% et l’indigence de 24,8 à 13,6%. Pas de quoi gonfler la poitrine.
On peut difficilement comparer les performances de ces convertibilités pour ce qui concerne le chômage. En effet, des millions de bénéficiaires de plans sociaux ont disparu des statistiques.
On peut par contre analyser les créations d’emploi. La période Lavagna n’a réussi à créer que des emplois de basse qualité, faiblement rémunérés et sans respect des droits sociaux. Selon la CTA la moitié des emplois crées l’ont été au noir avec une rémunération inférieure de 25% à ceux des emplois existants.
C’est de là, en partie, que provient la mauvaise redistribution de richesse signalée même dans les statistiques gouvernementales (INEC). Toujours selon la CTA les emplois informels sont supérieurs de 60% à ceux des années 90, le salaire moyen est de 30% inférieur et il y a 5 millions de pauvres en plus.
Le retard pris par les salaires est d’ailleurs aujourd’hui plus important que lorsque Kirchner a pris le pouvoir.
Ceux qui pensent que le départ de Lavagna annonce un cycle de croissance avec redistribution n’ont rien compris à ce qui constitue la base du soi-disant succès de ce qu’on appelle le retour à l’emploi national, formule utilisée par Alfonsin, Duhalde et Kirchner: Il ne s’agit en fait que d’une formidable redistribution négative des richesses innombrables de ce pays, une fois de plus dans l’histoire nationale.
Le jour suivant de la dévaluation et de l’application de la convertibilité de 3 à 1, les salaires baissèrent de 56% à 72% selon les cas.
Voilà donc l’héritage que laisse Lavagna, une insuffisance d’investissements qui devient dramatique alors même que le pays connaît une croissance à la chinoise. Remettre sans cesse à plus tard les solutions au sempiternel problème de la faiblesse de la structure économique du pays à la faiblesse aussi des investissements productifs et industriels, machines, etc., ont amené le pays dans ce cul de sac. Et ce, malgré le contexte extérieur favorable et le consensus intérieur.
L’augmentation du PIB dépend donc directement de l’affaiblissement des salaires, réduits à 30% de leur valeur initiale par la dévaluation et par l’inflation consécutive.
Il existe d’ailleurs une certaine honnêteté intellectuelle chez Lavagna. N’a-t-il pas déclaré que si les salaires devaient augmenter la croissance s’arrêterait immédiatement .
C’est pour cela que ceux qui pensent que le départ de Lavagna va ouvrir une période de croissance redistributive n’ont rien appris des leçons des années 80 et n’ont rien compris à ce qui constitue la base du soi-disant succès de ce qu’on appelle le retour à l’emploi national, formule utilisée par Alfonsin, Duhalde et Kirchner: Il ne s’agit en fait que d’une formidable redistribution négative des richesses innombrables de ce pays, une fois de plus dans l’histoire nationale.

A suivre…

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