Gualeguaychú, pâte à papier, le tango du papier monnaie

Le problème du blocage de la frontière avec l’Uruguay par des associations défendant les possibles pollutions de deux usines devient le grand sujet des conversations dans les dîners en ville.
Il y a plusieurs versions, je vous en livre une qui, à mon avis, devrait être assez proche de la réalité.
En Argentine il existe déjà 10 usines de cette nature. Elles sont, comme en Europe, situées au bord des fleuves. Certaines sont très polluantes, d’autres beaucoup moins, les dernières installées ne semblent présenter aucun problème.
A l’origine, les deux entreprises européennes, l’une espagnole, l’autre finlandaise avaient choisi d’investir dans la Province d’Entre Rios. 2 milliards de dollars financés par la Banque Mondiale et 3000 emplois, le gouverneur de la Province était content.
Les exigences financières des caciques locaux qui allaient bien au-delà du raisonnable finirent par lasser nos investisseurs qui décidèrent d’aller s’installer de l’autre côté du fleuve en Uruguay.
La colère du Gouverneur est aujourd’hui sans limites, les premières émeutes furent organisées par ses fonctionnaires, par les chômeurs, par la CGT locale. On a d’ailleurs tellement soufflé sur les braises qu’il est impossible aujourd’hui de calmer la population qui bloque les accès à l’Uruguay et des dizaines de camions en provenance du Chili et destinés à la construction de ces deux usines.
Hier Tabare, le Prèsident Urugayien a déclaré que l’Argentine se comportait comme un homme qui bat sa femme parce qu’il pense qu’elle pourrait avoir l’intention de le tromper dans les 5 ans qui viennent.
Ce qui est sûr c’est que tout cela ne conforte pas un Mercosur qui n’est plus qu’aujourd’hui qu’une association, dont les termes sont sans cesse remis en question, entre l’Argentine et le Brésil et qui délaisse complètement les intérêts des pays plus petits comme l’Uruguay et le Paraguay qui ont de plus en plus envie de signer des accords avec la Zone de Libre Echange des Amériques.