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Ray Barretto est mort

Samedi 18 février 2006

Ray Barretto
Texte écrit il y quelque temps par Marushka
Il aurait pu devenir plein de choses : voleur, dealer, soldat ou peut-être même tenancier d’un bar sur une plage du Pacifique. Allez savoir. Mais comme la musique l’a sorti plusieurs fois des embrouilles de la vie, Ray Barretto est devenu joueur de congas. Et il est l’un des plus grands percussionnistes au monde. D’origine portoricaine, il naît à New York en 1929. Il n’a que 4 ans quand son père décide d’abandonner là sa famille pour retourner à Porto Rico. Suivent alors des années difficiles. La mère travaille le jour et étudie l’anglais le soir, laissant ses deux fils à la maison. Alors, pour oublier qu’ils sont tout seuls et qu’il fait noir dehors, Ray et son frère écoutent la radio. Et, à cette époque, les ondes swinguent au son des orchestres de Count Basie, Duke Ellington ou encore Benny Goodman. Ray grandit à Brooklyn, fréquente de moins en moins l’école et de plus en plus la rue. Son adolescence prend des accents de “West side story” en version non édulcorée. Pour ne pas virer voyou, Ray s’engage dans l’armée américaine. Il a seize ans et c’est la guerre. Il est envoyé en Allemagne dans un contingent où la ségrégation raciale est de rigueur. Méprisé par les blancs, le jeune américain d’origine portoricaine fréquente le clan des noirs. Et, justement, ceux de son régiment animent un club de jazz où viennent jouer Charlie Parker, Dizzie Gillespie, Max Roach, Lou Donaldson… Un soir, Ray Barretto s’empare d’un banjo et improvise un solo de percussions sur la caisse de résonance de l’instrument. Et voilà comment a débuté ce salsero légendaire : dans le feu de l’action, au fin fond d’un club de jazz, en Allemagne, en 1946. Il quitte l’armée, retourne à New York et court les jam-sessions de Harlem. Rapidement, il devient LE percussionniste latino de nombreux musiciens de jazz et des prestigieux labels “Blue Note”, “Riverside” et “Prestige”. Sa notoriété grandissant, Ray Barretto se tourne vers ses origines et plonge dans la musique latine. Au cours des années 70, il grave des disques mythiques dans l’histoire de la Salsa (notamment le fabuleux “Acid” en 1972). Il est l’un des piliers du fameux groupe “Fania all stars”, réunion des plus grandes stars de la salsa sous l’égide du label Fania, et enregistre des albums avec Celia Cruz, Tito Puente, Johnny Pacheco, Ruben Blades… Il joue même des percussions sur un titre d’un album de “Crosby, Stills & Nash” (oui, oui… le célèbre groupe pop/rock des 70s). Mais, avec le temps, Ray Barretto décide d’explorer de nouvelles voies. Depuis quelques années, il mâtine de plus en plus sa salsa de jazz -voire de free jazz- ce qui déroute parfois son public. Il s’en fout, il vit sa musique. Et, à près de 70 ans, il garde intacts son inventivité et son enthousiasme.
Marushka

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