In golf we trust
On a été sérieux ces jours-ci. Un peu d’humour argentin ne va pas nous faire de mal.
On a été sérieux ces jours-ci. Un peu d’humour argentin ne va pas nous faire de mal.

Cette fin de semaine, dans un atelier de confection clandestin qui a pris feu, des Boliviens qui travaillaient et dormaient sur place ont trouvé la mort.
Des ateliers de confection clandestins, il y en a des milliers à Buenos Aires. La main-d’oeuvre est constituée d’immigrés, souvent illégaux, d’origine bolivienne. La police, les services de l’immigration, l’administration fiscale ont décidé, depuis bien longtemps de ne rien voir.
Il y a des économies souterraines qui régulent des problèmes qu’un État faible et absent est incapable de faire.
Devant ces morts, les conditions de travail dévoilées, 18 heures par jour, des dortoirs de 18 a 20 personnes, une nourriture à base de feuille de coca et de brouet clair accompagné de riz, des sanitaires quasi inexistant, un salaire de misère, il fallait consoler les bonnes âmes.
Voilà donc tous nos fonctionnaires cherchant, trouvant et fermant 18 ateliers clandestins en quelques heures.
Et puis, surprise, une manif, rien à voir avec le CPE, circulez, les Boliviens sortirent dans la rue, affrontèrent la police, demandèrent que cessent ces inspections et fermetures d’atelier. C’est que, disent-ils, et c’est malheureusement vrai, ils sont bien mieux traités en Argentine qu’ils ne le seraient dans leur pays ou le seul espoir qui leur resterait serait de mourir rapidement de faim avec leurs familles.
Ici ils mangent, mal, c’est vrai, leur maigre salaire permet d’alimenter les vieux qui sont restés au pays, leur femme, les enfants travaillent aussi.
J’en écoutai un ce matin à la radio, il disait : nous ne sommes pas des esclaves, nous avons du travail, et la dignité qu’il nous donne va bien au-delà de ces considérations.
Il y des jours comme cela, j’aimerais pouvoir donner des solutions, avoir un de ces discours parfaits que l’on apprend dans les écoles des syndicats ou des partis politiques, quelque soient leur couleur. Un de ces discours capables de convaincre une majorité que mes solutions sont les meilleures et que celles des autres ne valent rien.
J’aimerais, ces jours-là, pouvoir vous dire ce qui est bien et ce qui est mal.
Mais voilà, je ne peux pas.