Il s’appelle Parchís et vient de gagner la course de cochon traditionnelle de Colonia Caroya dans la Province de Córdoba.
Imaginez la musique traditionnelle italienne avec des accordéons dans le fond. Cette course qui se déroule tous les ans au Musée Casa Copetti est une vraie fête populaire.
Ses propriétaires vont malgré tout le faire abattre, il ne sera plus bientôt qu’un souvenir, celui qu’on peut avoir d’une bonne saucisse ou d’un bon jambon.
Emmanuel Prosdócimo, expert en porc de compétition, lui l’avait pourtant fait faire un régime alimentaire particulier accompagné d’un entraînement quotidien difficile.
Quelle ingratitude !
Retour aux années 80 en Équateur. Le personnage principal n’étant pas encore mort, je ne citerai ni son nom, ni la ville dans laquelle se déroula cette aventure, bien que quelqu’un curieux et malintentionné puisse quand même retrouver l’identité de ce recteur d’Université Catholique.
Ne croyez surtout pas que je fasse une fixation sur les religions, il aurait pu avoir une autre charge, las, il était curé et recteur d’une U.C.
J’étais dans mon bureau à Quito, regardant d’un air malicieux les seins généreux de ma secrétaire qu’un décolleté provocant mettait toujours devant mes yeux lors de la signature du courrier, lorsque le téléphone sonna.
Sauvé par le gong, pensais-je, bien que je me sois toujours astreint à certaines règles du style, là où on mange on ne défèque pas, on n’en est pas moins homme et il allait falloir, je le savais, mettre les choses au point. Ma phrase favorite dans ce cas là était : “Mon petit, si vous avez envie de vous faire sauter, il va falloir préalablement me donner votre démission. C’est une règle chez moi, jamais avec le personnel”.
Cela avait 2 conséquences immédiates : tout d’abord, j’étais dès le lendemain destinataire d’une lettre démission, ensuite je ne les revoyais jamais comme si le seul fait de coucher avec leur patron avait été la raison essentielle de cet accès de libido. Un peu vexant quand même !
Elle me passa le téléphone en m’indiquant le nom d’un de mes rabatteurs en Province, Rodrigo.
— Je suis sur un gros coup, me dit-il, il faut que tu viennes de suite. Prend l’avion et prévois la semaine.
Les explications qu’il me donna achevèrent de me convaincre de faire réserver un billet d’avion pour le lendemain.
Je représentais toutes sortes de choses. En fait tout ce qui était importable, j’avais des contrats d’exclusivité avec certaines sociétés françaises, d’autres venaient s’ajouter à la liste en fonction de la demande. Il est difficile de se spécialiser sur un type de produit dans un si petit pays et je dois reconnaître qu’apprendre des choses nouvelles chaque jour était ce que j’appréciais le plus dans ce métier.
On situait l’Équateur, à cette époque, lorsqu’on posait la question en France, en Afrique. Il est vrai que la géographie tout comme les langues étrangères ne faisaient pas partie de nos spécialités. Je ne suis pas sûr qu’aujourd’hui ce ne soit pas la même chose.
En faisant mes bagages, ce soir-là, je savais que j’allais rencontrer un curé, Recteur d’Université, provenant d’une grande famille équatorienne qui avait fourni au pays un Président de la République et même un Saint à la fin du 19e siècle. Il désirait acheter des vaches normandes et une porcherie clef en main.
Je choisis deux costumes sombres, des chemises blanches, des cravates pas trop voyantes afin de me fondre dans les ors et les boiseries de la cathédrale où il avait ses bureaux privés. (à suivre)
Etchecolatz a été condamné la semaine passée à la prison à vie pour crimes contre l’humanité. Nous en avions parlé ici. Jorge Lopez devait, dans une autre affaire, témoigner contre le tortionnaire.
Il a disparu depuis une semaine, vraisemblablement enlevé pour intimider les autres témoins des atrocités commises pendant la dictature militaire.
On a beau fouiller dans l’entourage d’Etchecolatz, on ne trouve rien. Pour lui c’est fini. Mais combien d’autres, depuis 20 ans, grâce à différentes lois d’amnisties, vivent sans remords de conscience en dépensant un butin acquis sur le dos de leurs victimes ?
Il faut bien reconnaître que c’est Nestor Kirchner qui a réellement commencé à vouloir mettre de la justice là ou il n’y avait eu que des condamnations suivies d’amnisties et même si Alfonsin a récemment déclaré qu’il était plus facile d’aller à la chasse au lion une fois que ses prédécesseurs les avaient mis en cage, tout le mérite lui revient.
Mais il va falloir maintenant protéger les témoins de manière un peu plus efficace. La mémoire collective argentine est fragile et encore traumatisée. La moindre faiblesse de l’État devant les anciens tortionnaires la rendrait muette et craintive.