Archive pour le 10 novembre 2006

Le piège péroniste

Vendredi 10 novembre 2006

Vous le savez, le péronisme est une grande famille. Ses membres sourient volontiers à ceux qui ont réussi à l’intérieur du clan, mais la lutte interne est toujours dense.
Il faut toujours se méfier de ses amis, c’est une règle, mais encore plus de ses compagnons politiques.
C’est ainsi que le gouverneur de la Province de Buenos Aires a été prié de bien vouloir ne pas tenter l’expérience d’un troisième mandat. Il n’avait terminé d’accepter que les volontaires pour le remplacer se bousculaient déjà aux portes de la plus grande Province du pays, de la plus riche, de celle qui fait de ceux qui l’ont gouverné des hommes puissants et naturellement aisés financièrement.
Le gros problème pour ces postulants c’est que le candidat, disons naturel, devrait logiquement être Cristina Kirchner. Elle a remporté haut la main le poste de Sénateur aux dernières élections.
C’est alors que tous en choeur, depuis quelques jours, ils braillent dans les rues : Cristina Présidente. Le piège est tendu.
S’il est vrai que Nestor a indiqué plusieurs fois que son épouse ferait une excellente candidate pour le remplacer c’est plus en prévoyant une baisse possible dans les sondages ou l’élection de 2011. Quitter le pouvoir dans la culture péroniste c’est abandonner tout pouvoir et les compagnons ont vite fait de dépecer celui qui part de tout ce qui pourrait encore lui rester. Voyez Duhalde !
D’un autre côté, un Kirchner une main dans les caisses de l’État et une autre dans les caisses de la Province, cela ferait pas mal de jaloux et d’insatisfaits.
La nuit des longs couteaux, c’est peut-être pour bientôt.

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Adieu veaux, vaches, cochons, hôpital (28)

Vendredi 10 novembre 2006

Ce texte fait suite au chapitre 27

Je me mis à marcher dans la ville. Il me fallait éclaircir mes idées, essayer d’assimiler la passivité de ses habitants devant des faits de cette nature. Rapidement je compris que tout cela aurait pu avoir lieu ailleurs. Pas facile de s’attaquer à des symboles qui pour bien des gens sont le garant de leur propre moralité. On apprend tellement vite à marcher avec des oeillères.
Ensuite, l’impunité donne des ailes à ces misérables et les possibles spectateurs se refusent à en voir plus afin de ne pas augmenter le poids de leur culpabilité.
Je n’avais pas non plus à rendre la justice, tirer les victimes des mains de leurs bourreaux était ma seule possibilité.
Mais n’étais-je pas moi-même un corrupteur ? Combien de fois avais-je dû payer pour obtenir un contrat même si cela était la seule manière de faire aboutir une affaire, même si généralement on me l’avait demandé ?
Et en ce moment même n’étais-je pas en train de gagner de l’argent en couvrant une lamentable escroquerie ?
Y avait-il une différence de degré ou une différence de nature entre ce que je faisais et ce que je reprochais aux autres ?
C’est dans cet état d’esprit que j’arrivais chez Rodrigo.
Le camarade Marcos était là avec ses certitudes et sa morale révolutionnaire. J’en arrivais à l’envier.
Ce furent des retrouvailles, de nombreux abrazos sans fin. J’eus même le droit de me faire appeler compañero.
Comme je le pensais, il était là depuis deux heures avec Rodrigo et Teresa et ils avaient tous les trois commencé à délirer joyeusement. Il était temps que je remette les pendules à l’heure.
— Pas de protection avant mercredi soir. J’irais remettre le rapport au curé et Rodrigo m’accompagnerait. Puis il partira avec l’argent. Il faudra l’accompagner chez lui.
— Point numéro deux, continuais-je, le nom de l’avocat allemand, l’adresse du restaurant. Un couple à l’intérieur et 6 personnes dehors. On vérifie si une réservation a été faite, sinon, une voiture me suivra quand je m’en irai avec le curé.
Et puis j’expliquais ce que je voulais faire.
Ils se mirent tous à rire.
Je laissais 500 dollars à Marcos.
Il me fallait faire des courses, remplir le frigo et le bar d’Eunice qui étaient désespérément vides.
Une fois chez elle avec mes emplettes, je me mis à cuisiner, un poulet marengo, si je me souviens bien.
J’avais terminé de dresser la table quand elle arriva. Elle était contente, mon contrat avec l’association avait été approuvé et elle me dit de passer le prendre le lendemain.
Ce n’est que beaucoup plus tard dans la nuit que la mis au courant des évènements de la journée.
Elle ne dit rien. Vers minuit, alors que j’étais dans un demi-sommeil, je l’entendis se lever et fermer la porte de la chambre. Elle passa plusieurs coups de fil, toujours en quechua me sembla-t-il.

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Les Argentins apprennent le Français

Vendredi 10 novembre 2006

C’est sur Arte Radio, à écouter ici.
Merci à Kersaint pour le lien.

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