Rafael Correa, qui est-ce ?
Je vois déjà dans les sites alternatifs de grands hourras après la victoire de Rafael Correa, et de grands découragements dans la presse modérée, un candidat populiste gnagnagnignagnagna…
Tout d’abord, ce deuxième tour électoral en Équateur opposait deux candidats populistes. Le roi de la banane, d’un côté, pour être plus exact le fils du roi de la banane, un des hommes les plus riches de la planète. Il faudra un jour que je vous raconte quelques histoires sur son défunt père, croyez-moi, on était plus près d’Al Capone que d’un homme d’affaires ayant réussi.
C’était la troisième fois qu’il se présentait, et ce fut donc son troisième échec. Populiste de droite, tout comme Correa il a promis les mêmes choses, moins de pauvres, les logements pour tout le monde, le blablabla habituel. Il a même dit que c’est pour répondre à Dieu qu’il se présentait et que s’il n’était pas élu ce serait la guerre civile dans le pays.
Et ce ne sera pas la guerre civile, car quand on a plus de deux cents entreprises dans le même pays on n’y a pas intérêt et que le peuple équatorien n’est pas enclin à cela.
De l’autre côté un inconnu. Enfin presque.
Il a fait ses études d’économie à l’Université catholique de Santiago de Guayaquil, puis à Université catholique de Louvain et les a terminées à l’université de l’Illinois aux États-Unis.
Il se dit humaniste et chrétien de gauche. Pourquoi pas, je voudrais rappeler que cela ne veut pas dire grand-chose par ici, si ce n’est qu’il est effectivement catholique, obligation constitutionnelle, mais pas trop quand même, obligation culturelle.
Il serait donc Chaviste au dire de certains.
C’est surtout l’opposition qui a dit cela afin de lui retirer une partie de ses voix. D’un autre côté, stratégie, j’en doute un peu, Chavez n’a pas clairement exprimé son soutien à Correa.
Cela ne veut pas dire qu’il ne regarde pas avec attention ce qui se fait au Venezuela et en Bolivie. Cela ne veut pas dire qu’il n’a pas un certain respect pour Chavez, d’autant qu’il aura besoin de son soutien financier et de son aval pour intégrer l’OPEP.
Mais il sera, et je crois que c’est la raison pour laquelle les équatoriens lui ont fait confiance, beaucoup plus proche de Lula que de Chavez dans la gestion de son pays.
Et puis croyez-moi, pour une fois qu’un Président Sud-Américain est un économiste plutôt qu’un avocat, c’est quand même rassurant.
Le score est implacable pour Noboa, 60 à 65 % des voix, il est grand temps d’accepter sa défaite.