Archive pour le 1 décembre 2006

Le sida en Argentine

Vendredi 1 décembre 2006

Était prévu aujourd’hui, journée mondiale de la lutte contre le sida, un dépistage gratuit qui devait se faire place Houssay entre Paraguay et Junin.
On considère que 60 % des porteurs du virus en Argentine ne le savent pas. L’initiative était donc bienvenue. La ville est pleine d’affiches qui incitent la population à se faire dépister.
Malheureusement, la faculté de médecine vient d’annoncer que cette initiative a été suspendue. Ils n’ont pas de tests !
Voilà ! Pas de commentaires, c’est mieux, je crois que je m’emporterais !
Par contre, il y aura des caravanes avec des ballons rouges, blancs et verts qui sillonneront la Ville et le ministre de la Santé inaugurera des initiatives artistiques dans toute la ville, théâtre, concert, etc.
Amusons-nous, folle ville !

Catégorie Culture - Idiosyncrasie | 12 Commentaires »

J’aime bien Miguel Bonasso

Vendredi 1 décembre 2006

Pour des actions comme celle-ci par exemple.

Pleure, Argentine, par Luis Sepúlveda - Il manifesto.
Je me souviens de l’altercation, de la rage de Miguel Bonasso quand, dans un restaurant, il tomba sur « el Tigre » Acosta, un des principaux tortionnaires de l’Ecole de mécanique des armées, la Esma, selon le sigle désormais inscrit dans l’histoire universelle de l’infamie. Couard sans son uniforme, couard sans ses bêtes armées, couard sans « la patrie » comme sauf-conduit, « El Tigre » Acosta se chia dessus devant sa maîtresse et ses enfants quand Bonasso se planta devant lui et lui dit « je suis seul et désarmé, fais voir comme tu es courageux, fils de pute de soldat minable ». Puant sans pouvoir se contrôler, la merde s’élargissant dans ses pantalons, il balbutia « ne faites pas ça monsieur Bonasso, je suis amnistié par les lois de Obediencia debida, je faisais ce qu’on m’ordonnait ».
Mon ami et camarade Miguel Bonasso, ex guérillero montañero, aujourd’hui député, élu avec les nombreuses, très nombreuses voix de ceux qui n’ont jamais perdu courage, cracha au visage du « courageux » militaire argentin.

Je l’aime un peu moins depuis qu’il est devenu Kirchnérien, que voulez-vous, nobody is perfect !
J’aime bien Miguel Bonasso quand il va voir Fidel Castro sur son lit de souffrance. Ce dictateur symbolise pour tous les sud-américains des qualités que nous autres ne pouvons pas comprendre. Il fut le premier à renvoyer chez eux les Gringos qui considéraient tous, à cette époque les pays du sud comme leur arrière-cour et se comportaient comme des envahisseurs en pays conquis. L’absence de l’Europe en guerre leur avait laissé cette opportunité.
Je me souviens d’une conversation longue et intéressante que j’avais eue avec Carlos Julio Arosemena Monroy, issu d’une famille de banquiers et riche propriétaire terrien. Il avait été Président de l’Équateur, tout comme son père, Carlos Julio Arosemena Tola, de 1961 à 1963 avant d’être déporté à Panama, victime d’un coup d’État militaire pour avoir appuyé la révolution cubaine.
Je me souviens encore de ses explications et de l’admiration qu’il portait à Fidel Castro. Mais il n’était pas dupe.
Il faudra que je prenne un peu plus de temps pour vous conter la vie de cet homme mort en 2004, grand coureur de jupons et buveur impénitent, mais qui avait réussi à faire en deux ans pour son pays plus que bien d’autres en 20 ans.

Je disais donc, j’aime bien Miguel Bonasso, mais quand il déclare, comme il le fait aujourd’hui, à la Havane, circonstances atténuantes certes, que le despote (traduction tout à fait libre, le mot despote ne viendrait bien sûr pas à la bouche de Miguel pour décrire son idole) n’a rien de grave, qu’il n’est pas présent car il préfère se montrer sous son meilleur jour, j’ai l’impression très nette qu’il nous prend pour des imbéciles.
Et je n’aime pas être pris pour un imbécile même par les gens que j’aime bien.

Catégorie Humeur - Humour | 2 Commentaires »

La belle Province de Buenos Aires

Vendredi 1 décembre 2006

ishii.jpg
Je lisais ce matin le portrait d’un homme du Président dans la Province de Buenos Aires. Il s’agit du Maire de la commune de José C. Paz. Il s’appelle Mario Ishii. Des Mario Ishii il y en a plein en Argentine.
Musique Maestro !

Kirchner a récemment déclaré en parlant de lui qu’il avait une personnalité mystique et que sa gestion était une véritable expérience de reconstruction de la foi !
Au pouvoir depuis 1999 les chiffres de sa gestion parlent seuls : 26% de la population ne reçoit pas les services de bases qu’une Mairie se doit d’offrir, Source Indec et la mortalité infantile, d’après les dernières statistiques (2004) du Ministère de la Santé de la Province est de 18 %.
C’est qu’avant de s’occuper de la gestion d’une commune notre homme achetait et revendait de la viande, il avait même quelques boucheries. Lui-même péroniste il a remplacé à ce poste un autre péroniste qui était footballeur. Que deux clans s’affrontent à l’intérieur du même parti est un classique de ce mouvement. Lorsqu’après les élections, les membres des deux clans se sont retrouvés dans la salle du Conseil Municipal cela a donné 7 blessés. Des vrais machos ces péronistes !
Sa Maman, Maria Isabel, a été victime d’un enlèvement en 2002. Des milliers de dollars de rançon.
Elle est célèbre Maria Isabel ! D’autant que quand notre homme part en vacances il laisse la gestion de la commune à sa maman. Faut quelqu’un de sûr pour veiller sur la caisse, non, mais !
À lire en espagnol.

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