Archive pour décembre 2006

Christophe Beck, un otage inconnu

Mardi 26 décembre 2006

Après 1 an de captivité au Venezuela, il vient d’être libéré, contre 40.000 € (en fait il s’agirait plutôt de 400.00 €). Pas marrant à 62 ans de passer ainsi une année entière aux mains de guérilleros, même si ce sont des guérilleros de gauche, donc pour certains, de bons guérilleros.
Pourtant ce Christophe Beck il avait du courage, aller installer une ferme de 1000 hectares dans cette région pour élever des zébus blancs à son âge, chapeau !
Mais les Français n’aiment pas ce genre d’aventures, alors pourquoi en parler ? Ils sont quand même des milliers qui chaque année partent vers un paradis qui se révèle souvent être le pire des enfers.
Cela fait ricaner, même dans certaines ambassades, pas toutes fort heureusement, mais quand même.
En plus, imaginez qu’il réussisse là où d’autres ont échoué ! Un privilégié de plus à haïr.
Ainsi, on sauvegarde l’essentiel, s’il était mort on en aurait pas non plus parlé.
Les détails dans cet article du nouvel obs.
Les réactions (à lire)

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Enrique Pinti est de retour

Dimanche 24 décembre 2006

Un humoriste et un grand chansonnier argentin revient.

Un bon niveau en espagnol est nécessaire, vous allez pouvoir tester le vôtre.

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Misa criolla 11 ème et dernière partie

Samedi 23 décembre 2006

Personne ne la réclamait !
La Huída

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Gualeguaychú, deuxième partie

Vendredi 22 décembre 2006

No a los papelones (Trailer II), le premier trailer est là.

Catégorie Mercosur et régional | 2 Commentaires »

Mesdames, à vos normes ISO !

Vendredi 22 décembre 2006

Vous avez tous lu que certains mannequins, elles avaient la peau sur les os, ont récemment eu de gros problèmes de santé. Deux ou trois d’entre elles en sont mortes ce qui a ému fortement l’opinion publique.
Il faut légiférer.
Les députés Kirchnériens se sont donc réunis pour préparer un texte de loi.
Vous imaginez d’ici la réunion, comme je suis d’un naturel malicieux, je l’ai un peu imaginée ce matin en prenant mon petit-déjeuner. J’étais mort de rire.
Il faut savoir que les argentins sont des spécialistes de la blague bien grasse et quand on parle de femmes leur imagination est à son comble.
— Ouais, ouais t’as raison Gustavo, le dernier mannequin avec qui je suis sorti, quand je l’ai mise en levrette j’avais l’impression d’enfiler une brochette de rognons pour un asado, un vrai désastre…
Je passe sur le reste…
C’est alors qu’un autre député s’écria :
— Ouais, ouais, mais de grosses non plus !
Même si tout le monde n’était pas forcément d’accord sur ce dernier point, de peur vraisemblablement de se faire traiter de pervers, on a décidé ce qui suit :
Cette fois-ci, c’est vrai de vrai :
Les mannequins qui défilent devront avoir la même taille que les vêtements qu’elles portent, correspondant aux normes anthropométriques ISO 3635/1981-IRAM 75.302 équivalentes aux normes ISO 3637/1977.
Afin de lutter contre la boulimie et l’anorexie elles devront avoir des proportions physiques correspondant aux paramètres de l’Organisation mondiale de la Santé.
Ne pourront donc défiler, ni les trop maigres, ni les trop grosses.

Il ne reste plus qu’à appliquer ces paramètres aux candidats aux différentes élections à venir, certains y pensent déjà afin d’éliminer de la course Carrio et Ginés González García.

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Non à la bêtise

Jeudi 21 décembre 2006

Un film argentin qui ne sera vu qu’en Uruguay.

Catégorie Humeur - Humour | 4 Commentaires »

Une bonne idée pour 2007

Jeudi 21 décembre 2006

Commencez à lire Borges :
26.jpgJe vis seul, au quatrième étage d’un immeuble de la rue de Belgrano. Il y a de cela quelques mois, en fin d’après-midi, j’entendis frapper à ma porte. J’ouvris et un inconnu entra. C’était un homme grand, aux traits imprécis. Peut-être est-ce ma myopie qui me les fit voir ainsi. Tout son aspect reflétait une pauvreté décente. Il était vêtu de gris et il tenait à la main une valise grise. Je me rendis compte, sur le champ, que c’était un étranger. Au premier abord, je le pris pour un homme âgé ; je constatai ensuite que j’avais été trompé par ses cheveux blonds, clairsemés, presque blancs, comme chez les Nordiques. Au cours de notre conversation, qui ne dura pas plus d’une heure, j’appris qu’il était originaire des Orcades.

Je lui offrais une chaise. L’homme laissa passer un moment avant de parler. Il émanait de lui une espèce de mélancolie, tout comme de moi, aujourd’hui.

« Je vends des Bibles » me dit-il.

Non sans pédanterie je lui répondis :

« Il y a ici plusieurs bibles anglaises, y compris la première, celle de John Wyclif, j’ai également celle de Cipriano de Valera, celle de Luther qui du point de vue littéraire est la plus mauvaise et un exemplaire en latin de la Vulgate. Comme vous voyez, ce ne sont pas précisément les bibles qui me manquent. »

Après un silence, il me rétorqua :

« Je ne vends pas que des bibles. Je puis vous montrer un livre sacré qui peut-être vous intéressera. Je l’ai acheté à la frontière du Bikanir. »

Il ouvrit sa valise et posa l’objet sur la table. C’était un volume in-octavo, relié en toile. Sans doute était-il passé entre bien des mains. Je l’examinai ; son poids me surprit. En haut du dos je lus Holy Writ et en bas Bombay.

- Il doit dater du XIX3⁄4 siècle, observai-je.

- Je ne sais pas. Je ne l’ai jamais su. », telle fut la réponse.

Je l’ouvris au hasard. Les caractères m’étaient inconnus. Les pages qui me parurent assez abîmées et d’une pauvre typographie, étaient imprimées sur deux colonnes à la façon d’une bible. Le texte était serré et disposé en versets. À l’angle supérieur des pages figuraient des chiffres arabes. Mon attention fut attirée par le fait qu’une page paire portait, disons, le numéro 40 55 14 et la page impaire qui suivait, le numéro 999. Je tournai cette page, au verso la petite illustration, comme on en trouve dans les dictionnaires : une ancre dessinée à la plume, comme par la main malhabile d’un enfant.

L’inconnu me dit alors :
« Regardez-la bien. Vous ne la reverrez jamais plus. »

Il y avait comme une menace dans cette affirmation, mais pas dans la voix.

Je repérai sa place exacte dans le livre et fermai le volume. Je le rouvris aussitôt. Je cherchais en vain le dessin de l’ancre, page par page. Pour masquer ma surprise, je lui dis :

« Il s’agit d’une version de l’Écriture sainte dans une des langues de l’Hindoustan, n’est-ce pas ?
- Non », me répondit-il.

Puis baissant la voix comme pour me confier un secret :
« J’ai acheté ce volume dans un village de la plaine, en échange de quelques roupies et d’une bible. Son possesseur ne savait pas lire. Je suppose qu’il a pris le Livre des livres pour une amulette. Il appartenait à la caste la plus inférieure ; on ne pouvait, sans contamination, marcher sur son ombre.

Il me dit que son livre s’appelait le Livre de sable, parce que ni ce livre ni le sable n’ont de commencement ni de fin. »

Il me demanda de chercher la première page.

Je posai ma main gauche sur la couverture et ouvris le volume de mon pouce serré contre l’index. Je m’efforçai en vain ; il restait toujours des feuilles entre la couverture et mon pouce. Elles semblaient sourdre du livre.

« Maintenant cherchez la dernière. »

Mes tentatives échouèrent de même ; à peine pus-je balbutier d’une voix qui n’était plus ma voix :
« Cela n’est pas possible. »

Toujours à voix basse le vendeur de bibles me dit :
« Cela n’est pas possible et pourtant cela est. Le nombre de pages de ce livre est exactement infini. Aucune n’est la première, aucune n’est la dernière. Je ne sais pourquoi elles sont numérotées de cette façon arbitraire. Peut-être pour laisser entendre que les composants d’une série infinie peuvent être numérotés dans n’importe quel ordre. »

Puis, comme s’il pensait à voix haute, il ajouta :
« Si l’espace est infini, nous sommes dans n’importe quel point de l’espace. Si le temps est infini, nous sommes dans n’importe quel point du temps. »

Ses considérations m’irritèrent.
« Vous avez une religion sans doute ? lui demandai-je.
- Oui, je suis presbytérien. Ma conscience est tranquille. Je suis sûr de n’avoir pas escroqué l’indigène en lui donnant la Parole du Seigneur en échange de son livre diabolique. »

Je l’assurai qu’il n’avait rien à se reprocher et je lui demandai s’il était de passage sous nos climats. Il me répondit qu’il pensait retourner prochainement dans sa patrie. C’est alors que j’appris qu’il était écossais, des îles Orcades. Je lui dis que j’aimais personnellement l’Écosse, ayant une véritable passion pour Stevenson et pour Hume.

« Et pour Robbie Burns », corrigea-t-il.
Tandis que nous parlions je continuais à feuilleter le livre infini.

« Vous avez l’intention d’offrir ce précieux spécimen au British Museum ? lui demandai-je, feignant l’indifférence.
- Non, c’est à vous que je l’offre », me répliqua-t-il, et il énonça un prix élevé.

Je lui répondis en toute sincérité, que cette somme n’était pas dans mes moyens et je me mis à réfléchir.

Au bout de quelques minutes, j’avais ourdi mon plan.
« Je vous propose un échange, lui dis-je. Vous, vous avez obtenu ce volume contre quelques roupies et un exemplaire de l’Écriture sainte ; moi, je vous offre le montant de ma retraite, que je viens de toucher, et la bible de Wycliff en caractères gothiques. Elle me vient de mes parents.

- La black letter Wycliff ! » murmura-t-il.

J’allai dans ma chambre et je lui apportai l’argent et le livre. Il le feuilleta et examina la page de titre avec une ferveur de bibliophile.

« Marché conclu », me dit-il.

Je fus surpris qu’il ne marchandât pas. Ce n’est que par la suite que je compris qu’il était venu chez moi décidé à me vendre le livre. Sans même les compter, il mit les billets dans sa poche.

Nous parlâmes de l’Inde, des Orcades et des jards norvégiens qui gouvernèrent ces îles. Quand l’homme s’en alla, il faisait nuit. Je ne l’ai jamais revu et j’ignore son nom.

Je comptais ranger le Livre de sable dans le vide qu’avait laissé la bible de Wycliff, mais je décidai finalement de le dissimuler derrière des volumes dépareillés des Mille et Une Nuits.

Je me couchai mais ne dormis point. Vers 3 ou 4 heures du matin, j’allumai. Je repris ce livre impossible et me mis à le feuilleter. Sur l’une des pages, je vis le dessin d’un masque. Le haut du feuillet portait un chiffre, que j’ai oublié, élevé à la puissance 9.

Je ne montrai mon trésor à personne. Au bonheur de le posséder s’ajouta le crainte qu’on me le volât, puis le soupçon qu’il ne fût pas véritablement infini. Ces deux soucis vinrent accroître ma vieille misanthropie. J’avais encore quelques amis ; je cessai de les voir. Prisonnier du Livre, je ne mettais pratiquement plus les pieds dehors. J’examinai à la loupe le dos et les plats fatigués et je repoussai l’éventualité d’un quelconque artifice. Je constatai que les petites illustrations se trouvaient à deux mille pages les uns des autres. Je les notai dans un répertoire alphabétique que je ne tardai pas à remplir. Elles ne réapparurent jamais. La nuit, durant les intervalles que m’accordait l’insomnie, je rêvais du livre.

L’été déclinait et je compris que le livre était monstrueux. Cela ne me servit à rien de reconnaître que j’étais moi-même également monstrueux, moi qui le voyais avec mes yeux et le palpais avec mes dix doigts et mes ongles. Je sentis que c’était un objet de cauchemar, une chose obscène qui diffamait et corrompait la réalité.

Je pensai au feu, mais je craignis que la combustion d’un livre infini ne soit pareillement infinie et n’asphyxie la planète entière par sa fumée.

Je me souvins d’avoir lu quelque part que le meilleur endroit où cacher une feuille c’est une forêt. Avant d’avoir pris ma retraite, je travaillais à la Bibliothèque nationale, qui abrite neuf cent mille livres ; je sais qu’à droite du vestibule, un escalier en colimaçon descend dans les profondeurs du sous-sol où sont gardés les périodiques et les cartes. Je profitai d’une inattention des employés pour oublier le Livre de sable sur l’un des rayons humides. J’essayais de ne pas regarder à quelle hauteur ni à quelle distance de la porte.

Je suis un peu soulagé mais je ne veux pas même passer rue Mexico.

Le Livre de sable

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Los Amores

Jeudi 21 décembre 2006

L’histoire d’un petit village oublié dans la Province de Santa Fé. Des terres qui passent de main en main jusqu’à ce qu’en 1987, les maisons soient vendues, l’école, le cimetière à un personnage local dont les dettes mirent au bord de la vente aux enchères le petit village de Los Amores.
Voir le dossier multimédia, en espagnol. Un travail remarquable.

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