Ce fut la phrase qui par ici a mis le feu aux poudres :
Le Brésil et l’Argentine sont de véritables prédateurs. Ce sont des pays qui voudraient venir sur nos marchés, que nous abaissions nos droits de douane sans pour autant faire la moindre contrepartie pour que nous entrions chez eux.
Dominique Bussereau, ministre de l’Agriculture.
Il est vrai que les conditions économiques et géographiques, les salaires, les charges, les impôts, constituent un avantage pour ces pays qui fait que toute concurrence est impossible.
Il est vrai que cela mettrait l’agriculture et l’élevage en Europe au bord de la faillite. Sans parler des emplois qui seraient ainsi perdus.
Quelque soit la maladresse de cette remarque elle est pleine de bon sens.
Mais,
Nous avons nous aussi nos prédateurs internes, les délocalisations, les services qui se traitent à l’extérieur, la comptabilité ou la paye en Inde par exemple, les call centers un peu partout.
Je lisais même ce matin que Capgemini aura en 2010 deux fois plus d’ingénieurs en Inde qu’en France et que d’ici trois ans, 40 % du total des effectifs de la société de services informatiques (SSII) se trouveront en Inde. Ce n’est pas la seule société dans ce cas.
Tout le monde pourra rajouter à souhait les exemples qu’il connaît.
Le plus difficile à comprendre c’est que les consommateurs européens, eux non plus, ne font pas preuve de bon sens et cherchant systématiquement le meilleur prix sans se soucier de sa provenance travaillent ainsi à leur perte.
L’État, les entreprises, les particuliers sont de grands donneurs de leçons surtout lorsqu’il s’agit de juger les actions de l’autre.
Nous sommes tous des prédateurs.