Train-train quotidien (2)

Quand il y a du sang la presse internationale en parle. Du sang ! Pas du reste.
Le reste c’est que depuis des années le service de trains de banlieue fonctionne mal, très mal. Entre les accidents nombreux, l’insécurité due aux agressions, mais aussi au manque d’entretien, des portes qui ne se ferment plus, des sièges qui sont devenus éjectables et mal soudés au plancher, les usagers sont devenus au fil des mois furieux.
D’autant plus furieux que la compagnie Metropolitano, concessionnaire privé, reçoit des subventions pharamineuses du gouvernement. Les subventions ici c’est : une partie pour toi, une partie pour moi, s’il reste quelque chose on fera des efforts.
Le problème c’est qu’il ne reste jamais rien.
Alors quand, comme hier, les trains ne se présentent pas aux heures de pointe, et qu’il n’y a personne au guichet pour donner des explications, il ne faut pas grand-chose pour que commence une vindicte populaire spontanée.
Ils ont tout cassé.
21 blessés.
21 blessés, des millions de dégâts.
