Archive pour le 25 juillet 2007

Cabezon (1)

Mercredi 25 juillet 2007

(Bien entendu, cette histoire n’a jamais existé, même si certains s’en souviennent encore)

Au milieu des années 80, tous les observateurs politiques qui s’intéressèrent, de près ou de loin, au maire fraîchement élu de Q., jolie capitale d’un pays andin que je ne citerai pas, s’en souviennent : c’était un homme impressionnant. Grand, très grand, le premier magistrat de la cité avait de profonds yeux noirs, et un visage basané, marqué ici ou là par les stigmates de la petite vérole. Mais sous ses épais cheveux noirs, soigneusement peignés en arrière, ce qui frappait le plus ses visiteurs, dans son bureau de l’hôtel de ville, ou dans le salon surchargé de sa maison, c’était… sa tête. Elle était grosse, énorme, disproportionnée : au point que, dans les favelas acquises à sa cause comme dans les banlieues résidentielles davantage rétives à ses harangues, ses plus fervents partisans comme ses plus féroces adversaires le désignaient par son surnom : le cabezon . La Grosse Tête.

Il avait débuté son parcours politique comme animateur de radio, et c’est sur les ondes, où il dénonçait sans relâche la corruption des élus, qu’il avait, au fil des ans et des scandales, acquis peu à peu une stature d’homme intègre, et incorruptible. Pendant plus de dix ans, Cabezon s’était attaqué corps et âme à ce fléau, donnant à sa mission des allures de sacerdoce, jusqu’à ce que, sa popularité grandissant, les instituts de sondages le retrouvent systématiquement en tête de leurs études d’opinion… et qu’il se présente dans la foulée aux élections. Evidemment, il fut élu au premier tour. Dans un pays pauvre, où le moindre contribuable voyait chaque année ses impôts s’évanouir dans l’acquisition de luxueuses haciendas ou d’immeubles de standing finissant par faire partie, de mystérieuse façon, du patrimoine de leurs élus, il faut croire que sa réputation personnelle constituait le meilleur des programmes.
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Parle et Dieu t’aidera

Mercredi 25 juillet 2007

Pour la première fois en Amérique Latine, un membre de l’église catholique est jugé pour atteinte aux droits de l’homme. Christian von Wernich, aumônier de la police en Argentine pendant la dictature, profitait de son statut de prêtre pour faire parler les détenus.

Parle et Dieu t’aidera
[…]“Lorsque dans ces moments de terreur, vous voyez un prêtre arriver, vous pensez que Dieu vient vous tendre la main. En réalité, c’était bien le diable qui venait nous rendre visite”, raconte à la barre des témoins un ancien détenu. “Il nous conseillait de parler, vous ne serez plus torturés nous promettait-il, vous serez plus confortables, c’est pour le bien de la patrie et l’amour de Dieu”, ajoute cet autre témoin. Il seront ainsi 123 à venir à la barre témoigner de l’horreur vécue dans les prisons de Ramon Camps et de son aumônier.[…]

Un procès long et pénible pour les témoins. les menaces sont constantes, et l’ombre de Julio López plane sur l’assemblée.

Catégorie L'église/les églises, La dictature militaire | 1 Commentaire »

La grande défonce

Mercredi 25 juillet 2007

Tout le monde est en vacances. Vous n’avez pas envie de commenter. Ok.
J’ai fait un p´tit tour en ville hier, j’ai pris un verre ou deux et puis j’ai vu, j’ai regardé, et ça m’a rappelé ce conte de Charles Bukowski :

L’autre soir, je me suis retrouvé dans un concert d’habitude je déteste ça. Au fond, je suis un solitaire, un vieil ivrogne qui préfère boire tout seul, avec sans doute pour unique espoir d’entendre un peu de Mahler ou de Stravinski à la radio. Mais ce soir-là, j’étais dans la foule en folie. Je ne vous dirai pas pourquoi, car c’est une autre histoire, sans doute plus longue, sans doute plus déroutante. J’étais debout dans mon coin, à boire mon vin, à écouter les Doors, les Beatles ou l’Airplane se mélanger avec le brouhaha des voix, et je me suis rendu compte que j’avais besoin d’une cigarette. J’étais à sec. Ça m’arrive souvent. J’ai vu deux jeunes types, tout proches, les bras pendants et oscillants, le corps mou, bovin, le cou tordu, pour ainsi dire en caoutchouc, du caoutchouc en charpie qui s’étirait et se disloquait.
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