Corruption, népotisme, féodalisme et populisme
Cela faisait deux jours que je me demandais si je devais, moi aussi, ajouter mon grain de sel sur le lamentable assassinat de Bénazir Bhutto au Pakistan.
Le Pakistan c’est bien loin de l’Argentine. Mais il existe malheureusement tant de dénominateurs communs à certaines situations que l’envie se faisait pressante.
Les pays d’Amérique latine n’ont pas à affronter le fondamentalisme islamique, cela fait une grosse différence, d’autres fondamentalismes aussi doctrinaires survivent cependant ou essaient de renaître.
C’est une autre question.
Ma seule remarque en cette veille de nouvelle année portera simplement sur un point :
Un pays où règnent la corruption, le népotisme et le féodalisme ne détruit-il pas ainsi, petit à petit, la démocratie dans laquelle il baigne ?
La naissance des oppositions radicales n’est-elle pas la conséquence de ces trois maladies qui obligent, pour les faire oublier, les dirigeants à user du populisme le plus ubuesque comme un palliatif à ces maux ?
Bénazir Bhutto, accusée et condamnée plusieurs fois pour malversation de fonds d’État, pour corruption, népotisme pour avoir géré son pays comme sa famille gérait la province dont elle est issue, comme une vaste propriété dont elle serait propriétaire, n’était certainement pas la solution aux problèmes du Pakistan. Au mieux une légère amélioration par rapport au régime militaire en place qui ne survit que grâce à l’existence des fondamentalistes qu’il se gardera bien d’éliminer pour continuer à recevoir l’appui des USA.
Je suis donc choqué, comme beaucoup (bien listés dans un billet d’Embruns), de voir les articles dithyrambiques de la presse du monde entier sur une candidate à l’élection suprême qui n’avait fait preuve jusqu’alors que d’un appétit féroce pour les biens de son pays et non pas comme on voudrait nous le faire croire d’un désir presque divin de faire le bien de et dans son pays.