Un cacerolazo qui risque de durer
Le SMS qui circule aujourd’hui, sans parler des mails :

Reste à savoir si la population a envie d’affronter physiquement les nervis du péronisme kirchnérien.
Le SMS qui circule aujourd’hui, sans parler des mails :

Reste à savoir si la population a envie d’affronter physiquement les nervis du péronisme kirchnérien.

« Je ne vais pas céder au chantage, martelait, hier soir Cristina Kirchner. Je ne cèderai à aucun chantage. Aucun.»
Qui a pu lui dire que le mépris était une fois de plus la meilleure solution face aux demandes des agriculteurs et des éleveurs ?
Demandent-ils réellement la fin des taxes sur les céréales ? Non. Et tout le monde a fini par le comprendre, ils veulent que la coparticipation fonctionne, que ce qui est prélevé dans une Province revienne dans cette même Province, pour construire des routes, des écoles et des hôpitaux. Que la loi d’urgence économique soit abrogée, cette loi qui permet à l’exécutif de disposer des fonds de l’État comme il le veut et sans contrôle. Une loi qui autorise toutes les formes de corruption.
5 ans que l’on refuse d’entamer la moindre discussion avec eux.
Vers 20 heures « la clase media » (la classe moyenne) est sortie dans la rue. Elle a repris la vieille casserole qu’elle avait rangée après le départ de De La Rua. La classe moyenne ce ne sont pas les plus défavorisés, c’est vrai, mais ce n’est pas non plus l’oligarchie ni les grands propriétaires terriens. Ils ont la chance de travailler, de payer leurs impôts, la malchance de subir l’inflation depuis des années, une pression fiscale qui augmente, et un discours populiste et réducteur qui manifestement ne s’adresse pas à eux.
Ils voient aussi sans rien dire les politiques s’enrichir, les syndicalistes devenir d’opulents propriétaires terriens et d’immeubles. Ils sont conscients que la gestion de l’économie au jour le jour n’est pas une bonne solution, qu’à ce gouvernement il lui manque un projet et sont chaque jour un peu plus victimes de l’insécurité.
15 jours maintenant que la campagne argentine a commencé à bloquer l’envoi de viande, de légumes et de fruits. 15 jours que la seule réponse fut de faire la sourde oreille :
« Ils vont se lasser », pensait-on ! Cristina est montée dans son avion avec sa petite famille et est partie en vacances pendant la semaine sainte. Le vice-président a fait la même chose.
Hier soir ce n’était pas seulement Buenos Aires qui manifestait. Toutes les Provinces, toutes les villes ont réagi de la même manière.
Pour la première fois, Cristina a quitté la Casa Rosada cachée dans un véhicule pour rejoindre la résidence d’Olivos et pas dans l’hélicoptère présidentiel, pas question de répéter la lamentable fuite de De La Rua.
Bien sûr on a appelé le moudjahidine Luis D’Elia, Piquetero officiel, à la rescousse. Il est sorti avec ses troupes pour disperser la foule. Il a même mis lui-même la main à la pâte, comme on peut le voir sur cette photo. Mais les caméras de télévision présentes ont vite fait de calmer les ardeurs de ses matons.
Ce matin, l’Argentine n’est plus comme hier. Il va falloir en tenir compte.
