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Délinquance des mineurs

En Argentine, comme dans d’autres pays, la dépénalisation des actes commis par les mineurs est à l’ordre du jour.
Jorge Lanata est allé à l’institut Dr Luis Agote qui héberge 38 garçons de 18 à 20 ans. Il leur a posé quelques questions, comment serait leur vie rêvée ou une soirée de liberté ?
Pour Pedro, la vie rêvée c’est d’avoir un fils, de l’appeler Taiel, de pouvoir l’emmener à Disney et au Macdo tous les jours dans une rutilante 4×4. Et si on lui donnait une soirée libre, ce serait pour emmener sa copine au Macdo.
Daniel, lui emmènerait aussi sa copine dîner et puis en boîte pour danser et boire une bouteille de vin New.Age saveur abricot.
Juan, lui c’est un romantique, sa soirée idéale c’est à peu près la même, mais il aimerait pouvoir ensuite ramener sa copine chez elle en Peugeot 206 et la laisser chez ses parents. Après l’avoir embrassé, elle lui aurait dit qu’elle avait passé une excellente soirée.
Ils sont là pour vol, tentative de meurtre, certains ont même franchi le pas, pour meurtre. Vivre libre est un rêve impossible. Ils croient encore que le bonheur c’est un BigMac, un baiser, une 206, une sortie en boîte, un vin frelaté et bon marché.
Qui leur a donc vendu cette image du bonheur ? Nous autres les adultes ?
Ils tuent parce qu’on les tue. Ils savent bien que leur vie ne vaut rien et que par conséquent celle des autres non plus.
Tuer c’est comme un flash, comme un film dans lequel on rentre et on sort, comme une porte giratoire juste à l’entrée de ses cauchemars.
Nous leur importons peu, mais… nous importent-ils ? Ils ignorent la société tout comme la société les ignore.
À en croire la police, ils commettraient un million de délits par an. Si l’on prend les statistiques de la justice, ce furent 23.105 affaires en 2000, 31.602 en 2006 et 29371 en 2007.
Ils ne proviennent pas tous de foyers indigents dit Lanata, bel euphémisme, car dans leur grande majorité ils connaissent tous la pauvreté. 33 % d’entre eux reconnaissent aussi avoir souffert d’abus pendant leur jeunesse et 40 % refuse de répondre à cette question.
Croyez-moi, baisser l’âge de l’imputabilité pénale à 13 ou 14 ans comme certains législateurs le demandent alors qu’ils sont déjà soumis à des peines qui datent de décrets élaborés sous la dictature et que personne n’a jamais modifiés, qu’ils sont une proie de choix pour la police qui n’hésite jamais à les abattre lorsqu’ils en ont la possibilité, aurait le même effet que vouloir fermer les Macdo pour faire baisser la délinquance.
La bonne question pour moi c’est : peut-on vivre ainsi dans une société de consommation qui a décidé de vous ignorer ?

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2 Commentaires

  1. Michel dit :

    Salut Patrick!
    Un élement de réponse à la bonne question: Le coupable c’est peut-être la Télé! diffuseur de bien de consommation de rêve et de films sanglants…. La société s’auto flagelle avec le petit écran, non?

  2. Patrick dit :

    haha, le coupable c’est surtout le mépris…

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