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Départ d’avion, départ de train

Pour ceux qui ont assisté à des départs d’avion dans certains pays d’Amérique latine, et, dans ce cas particulier, je parlerai de l’Équateur, ont dû être surpris, de voir ces hommes d’affaires ou fonctionnaires être accompagnés à l’aéroport par leur famille au complet, personnel domestique inclus, bref, tous ceux qui peuvent marcher.
Et puis, brusquement, au moment de l’embarquement, tout le monde se met à pleurer à chaudes larmes, dans une hystérie collective absolument extraordinaire jusqu’à ce que le voyageur disparaisse dans les bureaux de l’immigration.
Ceux qui partent manifestent une certaine fierté à voir ce petit monde manifester ainsi son attachement à leur personne, même si leur tête est ailleurs et qu’entre deux toutes petites larmes qu’ils se doivent, eux aussi, de verser, ils se disent : à nous les p´tites femmes de Paris.
J’ai eu maintes fois l’occasion d’accompagner des officiels de ce pays charmant dans notre Capitale et nos belles régions. Une invitation officielle, tous frais payés, de la part d’une ou plusieurs entreprises est généralement un cadeau que non seulement on ne refuse pas, mais qu’on vous suggère, de différentes manières de faire.
Bien sûr il s’agit au départ de s’informer et d’apprendre, mais tout cela se transforme très vite en voyage touristique et gastronomique. Combien de fois ai-je vu ces cadres ou chefs d’entreprise totalement déçus de voir leur invité s’endormir pendant l’exposé technique qu’ils ne manquent jamais d’avoir programmé après le généreux et très arrosé repas de la mi-journée ! On est resté très naïf dans notre pays. Enfin pas tout le monde heureusement pour notre commerce extérieur.
J’ai donc ainsi écumé les lieux de plaisirs des nuits parisiennes, en passant du Crazy Horse à Chez Michou, même réussi, au Paradis Latin, à faire applaudir par toute la salle mon invité du moment : nous avons l’honneur ce soir d’accueillir le ministre de………Bla-bla-bla. Un must. Sans parler d’autres endroits qui bien sûr n’existent pas.
Si vous pensez que je vais continuer à vous faire des confidences sur les lieux de débauche parisiens, vous faites erreur, j’ai juste une petite expérience à vous narrer qui vous fera comprendre la difficulté de certaines tâches.
J’étais depuis trois jours à Paris, en plein mois d’août, avec deux jeunes ingénieurs que je devais ensuite envoyer à Sofia-Antipolis pour un stage d’un mois.
Ils avaient bien sûr une liste complète de ce qu’ils devaient voir et manger. Je puis vous assurer que trouver de la tête de veau dans un restaurant parisien au mois d’août relève du parcours du combattant.
Bref, le matin du quatrième jour, droit à la gare, j’installe nos deux amis dans le TGV, valises, mallettes. Départ 10h53, leur dis-je. Pas de larmes sur le quai, je dois reconnaître que ces trois jours m’avaient particulièrement épuisé. Je rentrais donc chez moi, satisfait du devoir accompli. J’avais déjà préparé mes valises pour partir en Bretagne ou ma famille m’attendait.
En ouvrant la porte de l’appartement, le téléphone sonnait. Ils avaient raté le TGV, ces deux cons, étaient sortis prendre un café, persuadés qu’en France, comme en Équateur, un train annoncé à 10h53 ne partait jamais avant midi et quart.

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1 Commentaire pour “Départ d’avion, départ de train”

  1. #1 onlyinsanfrancisco
    on mai 6th, 2006 at 2:37

    J’adore l’eclectisme de ce blog! Merci!

    [Reply]

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