Dette argentine : nouveaux retards pour la sortie du moratoire
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Les ennuis s’accumulent pour l’Argentine qui ne devrait pas être en mesure de tourner définitivement la page du moratoire sur sa dette privée le 17 janvier comme elle l’espérait initialement.Le ministre de l’Economie Roberto Lavagna a admis mardi que le processus de restructuration de la dette privée du pays allait connaître de nouveaux retards à la suite de divers problèmes “techniques et juridiques”.
M. Lavagna, qui s’exprimait sur Radio Uno, faisait notamment allusion à la défection de la Bank of New York, qui devait mener à bien le placement des nouveaux titres sur l’important marché américain, et au retard pris par les autorités boursières italiennes pour approuver le prospectus de l’offre.
Le retrait imprévu de la Bank of New York implique de modifier une nouvelle fois le texte de l’offre soumis à la SEC, le gendarme de la bourse américaine, dont le feu vert, espéré depuis le 15 août, se fait toujours attendre.
L’opération était déjà pourtant suffisamment complexe pour se passer de ces contre-temps : la dette contractée par l’Argentine envers ses créanciers privés sur laquelle elle a prononcé un moratoire en décembre 2001 (plus de 100 milliards de dollars avec les intérêts échus) est composée de 152 obligations, émises en quatorze monnaies et répondant à huit législations différentes.
Malgré ces déboires, le président Nestor Kirchner, qui a toujours suivi personnellement de très près ce dossier, s’en tient toujours à la date du 29 novembre pour lancer sur les marchés la restructuration de la dette.
La presse argentine estime donc que l’opération pourrait se dérouler en deux temps : l’offre serait lancée la semaine prochaine pour les seuls investisseurs argentins, qui détiennent 38% de la dette en défaut, début janvier pour les investisseurs étrangers.
Le quotidien économique d’opposition Ambito Financiero juge ainsi que la sortie définitive du défaut pourrait ne pas intervenir avant juin 2005, trois ans et demi après le début du moratoire prononcé par l’éphémère président Adolfo Rodriguez Saa.
Une opération en deux temps impliquerait de revoir profondément l’offre argentine. Celle-ci comprend en effet un mécanisme pour inciter les investisseurs à apporter leurs titres au cours des trois premières semaines de l’offre.
Certains analystes font également valoir que le principe de l’égalité de traitement entre investisseurs serait mis à mal dans la mesure où les obligations nouvelles au pair (sans perte sur le capital) seront émises en quantités limitées.
Pour M. Lavagna, ces nouveaux retards ne sont pas imputables à l’Argentine, mais à “d’autres” qui feraient pression pour que le pays latino-américain améliore son offre, jugée trop peu généreuse par tous ses créanciers.
“Il est clair que les retards ne proviennent pas du côté argentin, ils proviennent de l’autre côté”, a-t-il lancé, sans préciser qui il visait.
Le G20, le week-end dernier à Berlin, a montré l’isolement croissant de l’Argentine sur le dossier de la dette. De peur de s’y retrouver en position d’accusé, Buenos Aires a préféré ne pas y envoyer le moindre représentant, s’attirant les foudres du ministre allemand des Finances Hans Eichel.
Cette entité qui réunit les principaux pays industrialisés et de grands pays en développement, a néanmoins adopté un code à suivre en cas de restructuration de la dette, qui sonne comme un désaveu de la stratégie suivie jusqu’ici par Buenos Aires. Le G20 recommande notamment la plus grande transparence, alors que l’Argentine n’a toujours pas diffusé le texte exact de son offre.
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