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Le gouvernement argentin est parvenu jeudi à convaincre un premier bloc d’investisseurs d’accepter son projet de restructuration de sa dette impayée, qu’il espère pouvoir concrétiser d’ici la fin de l’année et le troisième anniversaire du plus grand moratoire de l’histoire contemporaine.Les gestionnaires des fonds privés de pension du pays ont finalement accepté les modalités que leur proposait le gouvernement pour les débarrasser des titres non honorés depuis décembre 2001, a appris jeudi l’AFP de source gouvernementale.
L’accord “est conclu”, a indiqué cette source, sous couvert d’anonymat. Le décret nécessaire sera rédigé dans le courant de la journée, a-t-on ajouté.
Le ralliement des fonds de pension privés, qui gèrent 16,3 milliards de dollars d’actifs pour le compte de 7 millions de salariés, est loin d’être une surprise: leur position négociatrice était particulièrement faible face à un gouvernement qui a menacé à plusieurs reprises de renationaliser leur activité.
Les fonds de pension étaient donc surtout soucieux de se protéger contre d’éventuels procès intentés par leurs adhérents s’estimant spoliés par l’abandon de créances de 75% que réclame Buenos Aires aux porteurs de titres.
Les modalités de l’accord n’ont pas été rendues publiques. Mais, selon des informations de la presse locale, le gouvernement argentin s’est assuré de la bonne volonté des fonds en leur octroyant un cadre réglementaire favorable. Ces sociétés devraient ainsi pouvoir comptabiliser dans leur bilan les nouveaux titres à leur valeur faciale, et non pas à leur valeur de marché, bien inférieure.
Les fonds de pension devraient également bénéficier d’un traitement de faveur pour quelque 2,6 milliards de dollars de lettres du Trésor, qu’ils avaient été contraints par l’Etat à souscrire fin 2001. Ces titres devraient pouvoir être échangés contre de nouvelles obligations de courte maturité, selon les médias.
L’appui des fonds de pension, dont les principaux sont contrôlés par des banques étrangères (HSBC, BBVA et SCH), garantit au gouvernement l’adhésion d’environ 16% des porteurs de titres à sa proposition de restructuration de la dette.
Avec l’appui d’autres investisseurs locaux, Buenos Aires serait assuré du soutien de 40% des détenteurs d’obligations argentines, avant même de lancer son opération d’échange, estime jeudi le quotidien économique Ambito Financiero.
Mario Vicens, qui préside l’Association des banques d’Argentine, a pronostiqué que l’offre était en bonne voie. Les créanciers, a-t-il analysé, préfèreront “un accord raisonnable plutôt que d’aller en justice, surtout à l’étranger”.
L’influent ancien secrétaire d’Etat Miguel Bein a estimé de son côté que l’offre était en mesure de rassembler 70% des créanciers, sans avoir à être améliorée. L’atmosphère est devenue “favorable” grâce “à la baisse des taux d’intérêts dans le monde” qui rend plus intéressant les futurs titres de dette argentins, selon lui.
Selon le grand quotidien Clarin, l’offre gouvernementale devrait être lancée sur les marchés internationaux le 15 novembre. Les détenteurs de titres en défaut auront cinq semaines, jusqu’au 17 décembre, pour y répondre.
Le président Nestor Kirchner avait pronostiqué mardi que son pays devrait parvenir “dans un moment proche” à un accord sur la dette, “sans faillir, ni s’agenouiller”. Il répondait ainsi aux grands argentiers des pays industrialisés du G7 qui lui avaient demandé la semaine dernière d’arriver rapidement à un “ample” accord avec les créanciers du pays.








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