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Drôle de jour de la Patrie…

Quelques jours avant le 25 mai 1810, un bateau anglais apporta une mauvaise nouvelle en Argentine.
Napoléon avait capturé le Roi d’Espagne Ferdinand VII en 1808 et différentes juntes s’étaient constituées en Espagne pour reprendre le flambeau d’un royaume vacillant.
Bref, ce bateau anglais apportait une mauvaise nouvelle, la dernière junte espagnole, celle de Séville venait de tomber entre les mains des Français et le frère de Napoléon, Joseph, gouvernait l’Espagne.
Le peuple argentin commençait à réagir, à espérer, et se demandait si ce n’était pas le moment de faire table rase de tous ces privilèges qu’une aristocratie locale aidée par ses défenseurs, l’armée, conservait par-devers elle.
Commencèrent donc, pendant trois ou quatre jours, des réunions, des manifestations, des assemblées, ou tout ce petit monde s’affronta.
On décida que le Vice Roi, n’ayant pas été désigné par le Roi d’Espagne, n’avait pas de légitimité, on désigna une Junte, comme en Espagne, pour le remplacer. Un militaire au pouvoir, tout se paye dans la vie, et des notables pour l’assister.
La première décision de cette junte fut de faire allégeance à Ferdinand VII, souhaitant de tout son coeur, qu’il s’installe à Buenos Aires pour gérer le Royaume d’Espagne.
En fait le véritable jour de l’indépendance de l’Argentine est le 9 juillet. Le 9 juillet 1916, quelques années après, lors du Congrès de Tucuman fut déclaré l’indépendance. La révolution de mai, si on veut bien l’appeler ainsi, n’a pas signifié l’indépendance vis-à-vis de l’Espagne et la première junte s’était soumise à l’autorité de José Bonaparte.
Drôle de jour de la Patrie…
On comprend que certains veuillent refaire, aujourd’hui, une guerre d’indépendance qui n’a plus lieu d’être.

le jour de la patrie

Illustration Dr Lecter

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