Eduardo Eurnekian, Aeropuertos 2000, 33 aéroports, une concession inoxydable
vu 655 foisParmi les concessions de services publics privatisées par Menem en 1990, il en est une qui non seulement paraît inoxydable, mais qui en plus ne tient pas plus que les autres ses promesses.
Et pourtant :
Les tarifs ont été maintenus en dollars.
Le montant des compensations annuelles à verser à l’état a été diminué, ce qui n’empêche pas qu’elles soient dans leur grande majorité impayées. La dette s’élève aujourd’hui à plus de 350 millions de dollars.
Tous les gouvernements qui ont succédé à celui de Menem ont avalisé cette curieuse situation, d’impayés d’une part, de promesses d’investissement non tenues, et pour les deux derniers, celui de Duhalde et de Kirchner, le maintien des tarifs de services et des taxes d’aéroport en dollars.
Les protestations conjointes de toutes les compagnies ariennes n’y ont rien fait.
Quant aux compagnies locales, en difficultés sérieuses, elles passent petit à petit aux mains de cet entrepreneur particulier.
Cela ne les met pas dans une meilleure posture financière, Southern Winds par exemple, est détenue à ce jour à 30 % par Eurnekian et bat singulièrement de l’aile malgré une subvention gouvernementale de 3.5 dollars par mois. (voir article)
Monsieur Eurnekian avait été récemment accusé par l’administration fiscale de fraude portant sur la vente de ses actions d’un canal de télévision pour 700 millions de dollars. Mais ici, quand on a des amis, on est à l’abri.
Bref, la dernière trouvaille du millionnaire est de donner à l’état 20 % du capital d’Aeropuertos 2000, contre l’extinction de sa dette et la révision du contrat à la baisse bien sûr, pour les indemnités à verser à l’état.
Quant aux compagnies aériennes, les voyageurs, les touristes, ils continueront à payer des services et des taxes, qui sont après Mexico, les plus élevés de tout le continent américain.
