Entre l´intégration et le communautarisme, il y a longtemps que j´ai choisi mon camp
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Il y a quelques années déjà, nous avions été conviés à un repas de fin d´année dans un country appelé « Cardenal Newman », drôle de nom pour un country, mais enfin, pourquoi pas, il ne faut pas voir le malin partout !
Super gardes à l´entrée, on vérifie nos noms, regarde sur la liste si nous sommes bien invités, on nous remet un plan, car c´est immense et nous voilà, après avoir tourné plus d´une demie heure, devant la maison de nos hôtes.
Charmant repas, des invités triés sur le volet, et au fil de la conversation nous apprenons, que le nom du country vient du fait qu´il est exclusivement réservé aux anciens élèves d´un établissement religieux scolaire appelé, bien sûr, « Cardenal Newman ».
Ce qui veut dire que seul un ancien élève peut acheter un terrain ou une maison, que seul un ancien élève peut y résider, et que ces biens ne peuvent être vendus qu´à un ancien élève. Donc si vous héritez, sans avoir fréquenté l´école, il ne vous reste plus qu´à vendre et pas à n´importe qui.
On en apprend tous les jours.
Plus tard dans l´après-midi, quelqu´un suggéra d´aller au country club, pour voir sa piscine, son sauna, ses installations sportives, etc.
Un malaise s´installa chez nos hôtes qui nous expliquèrent qu´ils n´étaient pas mariés, que monsieur terminait son divorce et que même s´ils vivaient ensemble depuis 10 ans, l´intruse ne pouvait accéder aux parties communes du country. Seule la maison lui était autorisée.
Comme je suis bien élevé, je retins le fou rire qui commençait à me monter à la gorge. On changea le sujet de conversation.
Il y a quelques mois, nous eûmes l´occasion de nous revoir et de les féliciter pour leur mariage, car enfin le divorce avait été prononcé.
Me tournant vers l´épouse enfin légitime : » alors tu peux profiter des parties communes maintenant ? »
Un peu gênée quand même, elle me répondit que non, une seconde noce ne lui donnait pas ces droits.
Vous comprendrez qu’entre l´intégration et le communautarisme, il y a longtemps que j´ai choisi mon camp.

16 mars 2006 at 15:36
[...] Il y a quelques semaines nous sommes allés, avec ma petite chérie à un anniversaire chez des amis argentins d´origine allemande. Je n´étais pas très chaud pour y aller, car je savais que cette petite fête allait réunir toute une communauté d´amis, provenant de la même école, ayant les mêmes racines et, comme je l´ai dit dans un précédent billet, je n´aime pas le communautarisme, qu´il soit allemand, français, professionnel ou autre. Après m´avoir fait promettre de bien me comporter, ce que je ne fais pas toujours, enfin, bien me comporter, parce que promettre ne me gène pas outre mesure, nous nous sommes donc rendus à cette petite sauterie. Une centaine de personnes, toutes d´origine allemande, sympatiques, de mon âge, donc nés après la dernière guerre, tous amis d´enfance, une ambiance un peu fade, rien à voir avec la fête de la bière, mais bon… Mis à part le saint du jour ( c´est une traduction libre de El santo del día, celui dont c´est l´anniversaire), nous ne connaissions personne. On nous plaça à une table avec trois autres couples. Petits bavardages sans consistance, le temps, les enfants, la télé… puis on se lève pour faire la queue au buffet, ce que je déteste, tout est mélangé dans l´assiette, le poisson avec la viande, des légumes de toute sorte en salade, des tartes sans oublier bien sûr les fameuses kartoffen qui ne manquent jamais sur une table d´outre rhin. Ma mauvaise humeur s´amplifia à la vue du vin choisi, un picrate de la pire espèce alors qu´il y tant de bons vins dans ce pays. C´est alors que ma voisine de droite commença à nous expliquer qu´elle avait trouvé un poste de professeur de médecine à l’Université Australe, qui était un établissement extraordinaire, avec du matériel didactique dont même certains établissements européens manquaient et patati et patata… Je demandai alors, l´Université Australe ? ce n´est pas cette Université qui dépend de l´Opus Dei ? Le silence qui suivit effaça tous les désagréments vécus depuis plus d´une heure et, malgré les coups de pieds de ma compagne, sous la table, je poursuivis : Car l´Opus Dei, même dans certaines sphères catholiques est quand même considérée comme une secte dangereuse. Très ennuyée, ma voisine expliqua que non, qu´en ce qui la concernait elle était protestante et qu´elle n´avait jamais été approchée d´une quelconque manière par un des dirigeants de l´Université qui, par ailleurs, savaient qu´elle ne partageait pas les mêmes options religieuses qu´eux. Que les élèves étaient de bonne famille, que les mensualités coûteuses… Il ne vous est jamais venu à l`idée qu´ils étaient sans doute plus intéressés par les élèves que par leurs professeurs… C´est la fête si on changeait de conversation coupa subitement un des convives ! Poliment j´acquiesçai, au grand soulagement de toute la table, mais je ne pouvais m´empêcher de penser, bien sûr cela commence comme cela, et puis ensuite ? [...]