Esteban, homeless, place Vicente Lopez
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On se connaît depuis des années, quand l’hiver approche, dès le début de l’automne, il vient prendre ses quartiers sur la Place en face, de chez moi.
Je n’ai jamais su où il passait l’été. Il est grand, fort et fier, et ne se confie pas facilement.
Son chien, un beagle, c’est son compagnon, il partage ses joies et ses peines et défendra ses maigres biens en échange de sa vie. Avec moi, ça va, je l’ai emmené, tout petit, faire ses premiers vaccins chez le vétérinaire. On le soigne et il le sait. Je lui donne des croquettes quand je vois que les temps sont un peu plus durs que d’habitude.
Je ne sais pas comment il fait, mais Esteban a toujours un costume bleu marine, pas en excellent état, mais il porte encore beau quand il veut. On sent qu’il a connu l’aisance.
Un jour je lui demandais : Esteban, comment es-tu arrivé là. Pourquoi ?
Les femmes… c’est ce qu’il m’a répondu. Je ne le crois pas tout à fait, mais, les femmes… c’est quand même le meilleur souvenir qu’on peut avoir quand on est dans la merde.

