Faisons les comptes de fin d’année ou la convertibilité populiste (première partie)
293 lecturesD’après Fernando A. Iglesias
Il se dit des choses tellement incroyables dans la presse internationale sur l’économie et la politique argentine qu’il me semble bon de reprendre les chiffres réels et faire un bilan des années Lavagna qui n’a pas été comme certains voudraient le croire le père d’une renaissance économique de ce pays.
S’il est vrai que le PBI du dernier trimestre (313.213 millions de dollars) est supérieur au meilleur trimestre de 1998 (288.123 millions) il n’y a pas de quoi s’extasier devant une croissance qui vient d’arriver au bout de 7 ans. D’autant que ce chiffre cache un modèle économique pire socialement que le néolibéralisme des années 98. La convertibilité à 3 pour 1 (entendez 3 pesos pour un dollar) donne des résultats pires que la convertibilité à 1 pour 1. En 1998 les indices de pauvreté étaient de 25,9% de la population, ils sont aujourd´hui à 38,5%, pire l’indigence est passée de 6,9% à 13,6%. Le chômage, lui, malgré les plans sociaux qui en baissent la statistique est resté sensiblement le même.
Les investissements après 40 mois de croissance ininterrompue sont les mêmes qu’à cette époque. Quant aux exportations de produits industriels que devait promouvoir cette convertibilité populiste, on les attend toujours. D’où proviennent les bons chiffres de l’économie, exclusivement des exportations de combustibles et d’énergie. Les biens industriels qui représentaient 32% des exportations argentines en 98 ne représentent plus que 27% aujourd’hui.
Au premier rang des exportateurs, 3 sociétés pétrolières, 4 céréalières, 5 producteurs d’huile et une entreprise minière.
Et la dette me direz vous ? La dette était de 112.367 millions de dollars en 1998 soit 39% du PIB et est de 126.400 aujourd’hui, 40% du PIB et ce, malgré une renégociation que certains qualifient d’extraordinaire et qui n’a été qu’une formidable escroquerie faite aux dépens des retraités et petits épargnants argentins et italiens dans le but de subventionner une bourgeoisie nationale experte pour crier bien fort achetez des produits nationaux, experte aussi malheureusement pour payer des salaires comme dans le pire des pays africains et placer son argent dans des banques suisses.
Voilà le miroir à travers duquel on considère la gestion de Lavagna comme un succès. Ce soi-disant succès n’est du qu’au fait qu’après la dévaluation sauvage, le blocage des comptes-épargne des argentins, la pessification asymétrique faite par l’équipe Duhalde Lemes Lenicov et qui a mis l’Argentine à genoux il était impossible de faire pire.
La même chance que des années auparavant avait eu Cavallo après le désastre de l’hyperinflation. Même maladie, mêmes remèdes, mêmes conséquences.
Cavallo avait pu profiter du désastre de l´hyperinflation qui avait permis de diminuer et d’éteindre pratiquement les dettes publiques et privées et avait réduit la politique économique à une politique de change.
De la même manière, Lavagna a profité du désastre provoqué par Lemes Lenicov et a réduit la politique économique à une politique de change à 3 pour 1 cette fois-ci.
Cavallo avait su réduire l’inflation et le manque d’investissement des années 80 grâce à une distorsion de la parité pesos/dollar dont les conséquences à terme ne pouvaient être que régressives et récessives.
Lavagna résolut les problèmes des années Cavallo en faisant réapparaître l’inflation et le manque d’investissement, avec des résultats qui nous ramènent aux années 80, dans une espèce de cycle économique pendulaire qui n’est autre que le reflet d’un cycle politique, lui aussi pendulaire, entre le néolibéralisme et le néopulisme.

12 décembre 2005 at 9:49
bizarres vos chiffres du PIB…
http://www.economist.com/countries/Argentina/profile.cfm?folder=Profile-FactSheet.
12 décembre 2005 at 10:11
Oui Lago, je viens de revoir les chiffres dans l’article de Noticias, il est probable que ce soient des pesos et non des dollars et qu’il y ait eu une erreur à l’impression.
Cela ne change rien sur le fonds
**** Après recherche ce ne sont pas les chiffres du trimestre, mais annoncé ce trimestre, c’est à dire sur une année mobile en dollars
Voir ici
Navré c’est le site en cache, mais les chiffres 1998 correspondent
13 décembre 2005 at 7:52
[...] Faisons les comptes de fin d’année ou la convertibilité populiste (première partie) [...]