Faut pas pisser sur la clôture
253 lecturesJ’étais mort de rire hier matin en promenant mes chiens. Depuis les travaux, ils ne peuvent plus rentrer dans le parc. Un décret municipal affiché sur un panneau les en empêche. Un décret municipal qui ne dit pas ça, qui demande simplement aux personnes de ramasser les déjections de leurs chiens.
Et c’est bien normal.
Mais on n’a pas insisté, on a fait un procès à la ville et à la maréchaussée pour faire appliquer des lois qui n’existent pas. C’est qu’ils faisaient venir la force publique les gardiens du parc dès qu’un quidam entrait avec sa bestiole.
Je sais, ça vous surprend, faire appliquer des lois qui n’existent pas avec l’appui de la force publique vous n’aviez pas imaginé que cela puisse se produite.
Bien sûr on a gagné le procès, mais… il faut attendre que la municipalité veuille bien changer les panneaux. Sinon la maréchaussée intervient de nouveau.
Il y a longtemps que je me suis fait une raison, après tout si on ne peut pas faire respecter une règlementation qui existe, mais qui est dure à contrôler, autant en faire respecter une qui n’existe pas.
Alors, on tourne autour de la place et nos chiens lèvent la patte sur la clôture. Une belle clôture toute noire, toute neuve, qui a coûté la peau des fesses, les frais latins… vous savez !
Hier l’un des gardiens sort du parc et me dit :
— Monsieur, s’il vous plaît (très poli le garçon), je vous demande instamment de ne pas laisser vos chiens pisser sur les clôtures. Cela les abime et elles commencent à rouiller.
Je suis resté un peu surpris, je dois le reconnaître. L’envoyer paître me parut un instant être la meilleure solution, mais en réfléchissant, et en regardant ce type d’une vingtaine d’années qui ne faisait qu’obéir à des ordres crétins je pris le parti d’en sourire.
— De quel article municipal s’agit-il ? Vous donnez des cours ?
— Des cours de quoi ?
— Des cours pour apprendre aux chiens à ne pas lever la patte sur les grilles du parc.
Pendant ce temps-là, Jack, profitant de cet arrêt, levait la patte et arrosait allègrement la clôture.
— Mais regardez, me dit-il, poursuivant son idée, ça rouille de tous les bords.
Il ne restait plus qu’à hausser les épaules et continuer mon chemin. Il entreprit la même démarche auprès d’un autre promeneur.
Alors que je m’éloignais, j’écoutais le ton qui commençait à monter. Tout le monde n’a pas ma patience angélique.
Au deuxième tour de parc, il était toujours là, l’air abattu. Je lui fis un petit signe de la main.
— Vous avez été le seul à être aimable, me dit-il. Me mandaron todos a la mierda.
— Reconnaissez avec moi que ce sont des instructions un peu stupides.
Il avait les larmes aux yeux.
— SI vous saviez !
Mais je n’avais pas envie de savoir, j’ai continué mon chemin.

14 février 2008 at 18:02
Arf, cette anecdote m’a rememoré le caucasse de ma bataille avec mon velo dans l’ascenseur…Des lois fantômes! Ca coûte si cher que ça de l’anti -rouille?
20 février 2008 at 22:43
Comme s’il y avait plus important à faire pour la force publique qu’empêcher les chiens de faire pipi! Sur les grilles, c’est quand même mieux qu’au milieu de la rue ou dans la pelouse, en plus!