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Flambée antisémite en Argentine

Les vieux démons du péronisme sont de retour.
TOP INFO - Flambée antisémite en Argentine

Dans les stades, les manifs ou sur Internet, croix gammées et insultes se multiplient. La communauté juive est sur la défensive.
L’apparition de drapeaux à croix gammée dans les tribunes des stades et lors de manifestations syndicales, à Buenos Aires et dans la Pampa, annonce-t-elle le retour de l’antisémitisme argentin? L’autre semaine, dans la province reculée du Chaco, des dizaines de fonctionnaires, brandissant des pancartes frappées de svastikas, ont réclamé la démission, parce qu’il est juif, du ministre local de l’Education. Voilà quinze jours, ce sont des supporters de Talleres de Cordoba, club de deuxième division, qui ont déployé des drapeaux nazis. L’affaire a évidemment fait scandale et, pour n’avoir pas interrompu la partie, l’arbitre, qui assure n’avoir rien vu, risque d’être suspendu. Mais, âgés de 14 et 16 ans, les auteurs du délit, qui disent ne pas connaître la signification de la croix gammée, sont, eux, trop jeunes pour être sanctionnés. De leur côté, les dirigeants du club ont présenté des excuses officielles.

Dans son rapport annuel, la Délégation des associations israélites argentines (Daia) a recensé 174 agressions antisémites en 2004 et dénoncé la multiplication des courriers électroniques infamants et des insultes qui, dans un cas, furent proférées par… une députée de Buenos Aires! «Ce qui nous étonne et nous préoccupe, c’est la simultanéité et la dispersion géographique de ces actes, explique à L’Express Jorge Kirszenbaum, président de la Daia. Mais il faut se féliciter de la condamnation unanime qu’ils suscitent.» Selon Kirszenbaum, «cette éruption antijuive s’explique par la permanence d’un antisémitisme résiduel qui s’exprime chaque fois que le pays traverse une crise économique».

La plus importante d’Amérique latine, avec 244 000 membres, dont 90% vivent dans la capitale, la communauté juive a régulièrement souffert de discrimination depuis son implantation voilà cent vingt ans. En 1919, lors de la Semaine tragique, les émeutes ouvrières s’accompagnent de pogroms. Après la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement refuse d’accorder des visas aux survivants de la Shoah, jugés «inutiles au développement de la nation» - 5 000 d’entre eux parviennent toutefois à entrer clandestinement. Des actes antisémites sont recensés en 1960, après la capture par des agents israéliens du nazi Adolf Eichmann, caché à Buenos Aires. Sous la dictature (1976-1982), la communauté est durement frappée: 2 000 juifs disparaissent. Cela représente 12% des «disparus», alors que les juifs argentins ne représentent que 1% de la population. Enfin, en 1992 et 1994, deux attentats antisémites font plus de 100 morts et 500 blessés. Les enquêtes n’ont jamais abouti.

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1 Commentaire pour “Flambée antisémite en Argentine”

  1. #1 Emaber
    on mai 24th, 2005 at 6:52

    On voit cela dans beaucoup de stades du globe, en Italie et en Espagne où les cris de singe accompagnent les joueurs de couleur. Et même en France, dans les tribunes du PSG ou dans les matches de divisions régionales…
    Sans parler des cimetierres profanés.
    Ceci n’excuse pas les argentins, évidemment, mais la réflexion doit être globale.
    La politique d’Israel est un début d’explication, mais on ne peut pas dire que la Syrie ou l’Iran soient des modèles de démocratie…
    En temps de crise, il faut toujours trouver un bouc émissaire.
    Il faudrait peut être s’attacher à élever le niveau de vie des populations ainsi que leur niveau d’éducation, avant de ‘dissoudre’ des associations extrémistes, qui réapparaitront de toute façon dans quelques jours. Question de priorités, évidemment…
    On se demande à quel point ce genre d’agissements arrange les pouvoirs en place.
    emaber

    [Reply]

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