FMI et Club de Paris, le coeur de la discorde
vu 360 foisDominique Strauss-Kahn a rencontré hier les autorités argentines pour les inviter à renégocier leur dette avec le Club de Paris. 6,3 Milliards de dollars impayés depuis la crise et qui ont attendu vainement une proposition de refinancement durant la première période présidentielle de la famille Kirchner.
L’Argentine a deux solutions, payer en une seule fois comme elle l’avait fait avec le FMI (9 milliards) ou prendre avec ses créanciers réunis dans le Club de Paris des accords de rééchelonnement de cette somme.
En cas de rééchelonnement, l’aval du FMI est demandé.
Le Club de Paris est un groupe informel de créanciers publics dont le rôle est de trouver des solutions coordonnées et durables aux difficultés de paiement de nations endettées. La première réunion avec un pays débiteur eut lieu en 1956 lorsque l’Argentine accepta de rencontrer ses créanciers publics à Paris.
Strauss-Kahn se propose donc de participer à cette négociation et d’aider ainsi l’Argentine à sortir de ce problème financier qui a pour conséquence de bloquer l’accès de l’Argentine aux financements internationaux.
Pas mal de projets, TGV par exemple, restent suspendus à un accord avec le Club.
Sauf que… pour faire cela, le FMI doit appliquer l’article 4 de son règlement. Condition inacceptable pour l’administration Kirchner. Que dit donc de si terrible l’article 4 ?
Que tous les ans le FMI doit fournir une évaluation de tous les pays membres. En fait un audit qui porte sur les données économiques, sociales et institutionnelles.
Adieu mes beaux chiffres dit-on par ici. Adieu mes 7% de chômeurs, mes 8% d’inflation, mes 23% de pauvres !
C’est bien connu, on l’a entendu pendant les deux premières années du précédent gouvernement le FMI c’est le diable. Il vaut mieux solder des crédits à 4% d’intérêts quitte à se réendetter aux alentours de 10% auprès du Venezuela. Eux au moins ils ne viennent pas ouvrir les placards pour y trouver des cadavres ni soulever la moquette pour montrer la poussière avec le doigt.
Que va-t-il se passer ? En théorie, l’Argentine devrait payer comptant. Elle en a les moyens. En pratique, vous aurez noté que nous sommes en période de soldes en ce moment en Europe, surtout en France. On est capable de se boucher le nez, les oreilles et les yeux pour signer quelques milliards.
À mon avis, ils essaieront donc de se faufiler à travers la déliquescence des principes qui ont fait notre force et notre fierté naguère.
Ce ne sera certainement pas la pire de toutes les couleuvres que nous aurons à avaler, mais c’est un peu dommage pour les institutions par ici et surtout le bien-être économique des argentins qui risquent, une fois de plus, de vivre dans un mirage et se réveiller brutalement à l’intérieur d’un cauchemar qui ne sera rien d’autre que la triste réalité.

12 décembre 2007 à 8:26
Patrick, en la clase de Droit des Investissements cada vez que hablan del CIRDI, miro para abajo, siemre hay anecdotas relacionadas con Argentina…
12 décembre 2007 à 9:17
Merci Patrick pour ces éclaircissements et ce décryptage!!
Mais le gouvernement n’a rien à cacher!
12 décembre 2007 à 15:53
Le pourquoi du “surtout ne pas ouvrir les placards” ==> exemple Micelli.