
La Place de Mai devrait se remplir. Depuis deux jours, on monte les échafaudages nécessaires au rituel païen destiné à rassurer et réchauffer le coeur des élus. Ils en ont bien besoin.
Ce matin, les premiers bus arrivaient remplis des compagnons recrutés en banlieue et dans les Provinces pour faire la claque à Cristina.
C’est toute une organisation. Couteuse, très couteuse.
Tout d’abord pour l’économie, la CGT a demandé et obtenu que pour ce jour de fête démocratique les absences ne soient pas sanctionnées financièrement par les employeurs.
Chaque personne présente, recrutée par les organisateurs recevra entre 50 et 100 pesos, il faudra les acheminer en bus, les nourrir et les renvoyer dans leurs foyers.
Ce sont des milliers de bus qu’il faut affréter pour remplir de 100.000 personnes la place.
Chaque délégation y aura une place assignée et devra porter bien haut les banderoles faisant état de leur organisation ou de leur origine géographique. Il y aura aussi des artistes pour chauffer tout ce monde et faire attendre l’arrivée de la diva.
Sans me tromper, 20 à 25 millions de pesos, soit 4 à 5 millions d’€uros seront dépensés. C’est d’autant plus énorme que ces derniers temps c’est assez répétitif.
Pendant ce temps, les prairies du delta brûlent et la fumée envahit la ville. Les organisations agricoles n’arrivent pas à supprimer les barrages routiers que les petits et moyens producteurs maintiennent.
Ils ne sont pas confiants. Chat échaudé craint l’eau froide.
Ils ont raison, hier, un peu plus tard dans la soirée, alors que le sourire était revenu sur les lèvres du Campo, le premier Ministre a précisé les conditions dans lesquelles le dernier texte sur les rétentions pourrait être discuté au Congrès.
— Vous l’approuvez ou vous le rejetez, pas d’altérations.
Un gros coup de froid sur une embellie qui fut de courte durée.

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