Il est plus facile de faire son beurre avec les fermiers d’en face

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Mercredi 28 février 2007 - 20:03

Sous le magnifique titre : L’oligarchie vénézuélienne tente de provoquer une crise alimentaire, le Cercle Bolivarien de Paris reprend à la lettre les paroles d’Hugo Chávez.

L’oligarchie vénézuelienne tente de provoquer une crise alimentaire
« J’ai envoyé des messages aux producteurs, aux intermédiaires des abattoirs, des chambres froides et des magasins d’alimentation. Mais s’ils continuent à violer les intérêts du peuple, la Constitution, les lois, je vais leur retirer leurs chambres froides, les magasins d’alimentation et les abattoirs et je vais les nationaliser »

Vous avez dû lire, il y a peu de temps, dans Le Monde, un article qui expliquait que le président Venezuelien voulait nationaliser les supermarchés de son pays, et tous les bolivariens de la planète s’étaient offusqués de cette vile attaque qui ne reflétait pas la vérité, une fois de plus Le Monde montrait sa face antibolivarienne.
Quelques jours après, ces mêmes personnes trouvent cela génial et, droit dans leurs bottes, nous font savoir que les processus d’inflation sont dus à l’oligarchie qui veut, ce doit être son objectif le plus important, provoquer une crise alimentaire.
Il y a déjà un peu plus de 25 ans, je me souviens qu’à Caracas, j’avais été surpris par le fait que les fruits et légumes étaient importés des Antilles françaises et par la pénurie de lait que ce pays à toujours eu.
C’est vraisemblablement la raison pour laquelle M. Chávez vient de refinancer une des plus grosses entreprises laitières d’Argentine avec un prêt payable en lait en poudre.
Il est vrai qu’il est plus facile de faire son beurre avec les fermiers d’en face qu’avec ceux de son propre pays. En tout état de cause, c’est plus discret.

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3 commentaires pour “Il est plus facile de faire son beurre avec les fermiers d’en face”

  1. Victor a dit:

    Il faut savoir que l’on parle d’un pays où 80% de la nourriture est importée, depuis des dizaines d’années.
    Au Venezuela, 2% des terres sont cultivables, c’est à dire correctement irriguées, défrichées, etc… Mais seulement 2% de ces 2% sont effectivement utilisées. Un voyageur traversant le pays s’apercevra facilement que les deux cotés de la route sont généralement défrichés à perte de vue et sont recouverts d’une végétation verdoyante et prospère, malheureusement sans rapport avec l’agriculture. D’après ce que l’on m’a dit, dans les années 50, le gouvernement a décidé qu’ils avaient du pétrole et donc qu’il n’était pas utile de produire autre chose, abandonnant l’agriculture et l’industrie, ouvrant une grande ère de clientelisme et d’inefficacité, qui connait un renouveau avec Chavez et l’augmentation du prix du baril.

    Pour en revenir aux magasins d’alimentation, ils pratiquent des tarifs très élevés à mon gout. C’est plus cher qu’en france (sans parler de la qualité) et il est souvent plus économique d’aller au resto que de se faire à bouffer.

    Dans d’autres occasions, j’évoquerais la vaste blague des mercal et les grands monopoles privés qui paralysent le pays.

  2. Patrick a dit:

    Oui Victor, je sais, on a donc l’explication, pas de production, prix chers. Une monnaie locale inconstante, bien qu’il y a eu une dévaluation il y a peu de temps, cela n’a rien à voir avec l’appétit d’ogre de l’oligarchie.
    Dans ces cas là on subventionne la production, cela avait été fait dans les années 80 pour les producteurs de lait, car croyez-moi produire du lait avec des zébus qui ne pissent pas le liquide blanc comme des holsteins, c’est pas la joie.
    Chávez est président depuis 1998, cela neuf ans, il est temps pour lui de prendre et d’accepter sa part de responsabilité sur la situation économique du pays…

  3. Victor a dit:

    Cela explique donc pourquoi les vénézueliens sont aussi friands des aliments en poudre : Lait, purée, jus de fruits, sauces…
    Pour faire de la purée, c’est très simple : On mélange d’abord des flocons avec du lait en poudre, ensuite on verse l’eau. C’est délicieux, selon que l’on tombe sur des grumeaux de flocons ou de lait.

    Je me souviens de mon séjour à Buenos Aires comme d’un passage au jardin d’éden…

    Blague à part, je doute que la moindre subvention pousse l’économie. Ce que j’appelle une subvention au Venezuela, c’est quand quelqu’un touche de l’argent du gouvernement, pour être dans un bureau, pour promouvoir une mission sur le terrain, pour participer à une mission, pour aller écouter un discours ou pour acheter du matériel. En résumé, c’est quand une personne reçoit de l’argent du gouvernement et ce n’est jamais pour produire quelque chose de matériel ou de commercialisable.

    Généralement, ça leur suffit pour vivre sans avoir un vrai travail à coté. En tout cas, ça ne les pousse pas à produire, bien au contraire. Chavez a lancé des programmes de réformes agraires il y a bien longtemps, mais cela consiste surtout à faire des discours du haut d’un tracteur. Concrètement, l’industrie de la canne à sucre (un des seuls trucs qui était cultivé) vient de s’effondrer à cause d’un conflit entre le gouvernement et l’entreprise privée de sucre, qui détenait le monopole.

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