J’aime bien Miguel Bonasso

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Vendredi 1 décembre 2006 - 9:34

Pour des actions comme celle-ci par exemple.

Pleure, Argentine, par Luis Sepúlveda - Il manifesto.
Je me souviens de l’altercation, de la rage de Miguel Bonasso quand, dans un restaurant, il tomba sur « el Tigre » Acosta, un des principaux tortionnaires de l’Ecole de mécanique des armées, la Esma, selon le sigle désormais inscrit dans l’histoire universelle de l’infamie. Couard sans son uniforme, couard sans ses bêtes armées, couard sans « la patrie » comme sauf-conduit, « El Tigre » Acosta se chia dessus devant sa maîtresse et ses enfants quand Bonasso se planta devant lui et lui dit « je suis seul et désarmé, fais voir comme tu es courageux, fils de pute de soldat minable ». Puant sans pouvoir se contrôler, la merde s’élargissant dans ses pantalons, il balbutia « ne faites pas ça monsieur Bonasso, je suis amnistié par les lois de Obediencia debida, je faisais ce qu’on m’ordonnait ».
Mon ami et camarade Miguel Bonasso, ex guérillero montañero, aujourd’hui député, élu avec les nombreuses, très nombreuses voix de ceux qui n’ont jamais perdu courage, cracha au visage du « courageux » militaire argentin.

Je l’aime un peu moins depuis qu’il est devenu Kirchnérien, que voulez-vous, nobody is perfect !
J’aime bien Miguel Bonasso quand il va voir Fidel Castro sur son lit de souffrance. Ce dictateur symbolise pour tous les sud-américains des qualités que nous autres ne pouvons pas comprendre. Il fut le premier à renvoyer chez eux les Gringos qui considéraient tous, à cette époque les pays du sud comme leur arrière-cour et se comportaient comme des envahisseurs en pays conquis. L’absence de l’Europe en guerre leur avait laissé cette opportunité.
Je me souviens d’une conversation longue et intéressante que j’avais eue avec Carlos Julio Arosemena Monroy, issu d’une famille de banquiers et riche propriétaire terrien. Il avait été Président de l’Équateur, tout comme son père, Carlos Julio Arosemena Tola, de 1961 à 1963 avant d’être déporté à Panama, victime d’un coup d’État militaire pour avoir appuyé la révolution cubaine.
Je me souviens encore de ses explications et de l’admiration qu’il portait à Fidel Castro. Mais il n’était pas dupe.
Il faudra que je prenne un peu plus de temps pour vous conter la vie de cet homme mort en 2004, grand coureur de jupons et buveur impénitent, mais qui avait réussi à faire en deux ans pour son pays plus que bien d’autres en 20 ans.

Je disais donc, j’aime bien Miguel Bonasso, mais quand il déclare, comme il le fait aujourd’hui, à la Havane, circonstances atténuantes certes, que le despote (traduction tout à fait libre, le mot despote ne viendrait bien sûr pas à la bouche de Miguel pour décrire son idole) n’a rien de grave, qu’il n’est pas présent car il préfère se montrer sous son meilleur jour, j’ai l’impression très nette qu’il nous prend pour des imbéciles.
Et je n’aime pas être pris pour un imbécile même par les gens que j’aime bien.

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2 commentaires pour “J’aime bien Miguel Bonasso”

  1. Blue_Ice a dit:

    Le castrisme est une religion et ses fidèles sont aveugles.

    À mort les religions !

  2. Eric a dit:

    C’est vrai que ça doit faire chier. Moi, ça m’ennuie cette vieille réaction soviétique autour de l’état de santé d’un dirigeant. Fidel devrait être au courant de la fluidité de la circulation de l’information en 2006. Nous ne sommes plus dupes de ces stratégies des années 50-60. C’est triste puisqu’avec cette attitude de vieux bouc têtu dont il fait preuve depuis quelques années, il est en train de gâcher son important héritage politique.

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