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En Argentine, le virage conservateur est encore plus profond. L’ « offensive Blumberg » , en utilisant l’excuse de la sécurité citadine, donne les fruits attendus. Le durcissement du gouvernement de Kirchner a des effets dans la pénalisation de la contestation sociale, avec l’emprisonnement de dizaines d’activistes, au cours d’une escalade répressive impensable il y a un an. Le budget pour 2005 accorde la priorité au paiement de la dette sur la distribution des revenus et les transformations structurelles. Selon Claudio Lozano, député pour la Centrale des travailleurs argentins (CTA), l’excédent fiscal primaire est à 4,6% du produit intérieur brut, alors que l‘objectif avait été fixé à 2,4%. « Les ressources de l’Etat sont pléthoriques mais il s’abstient toutefois d’appliquer des politiques qui répondent aux besoins sociaux », a-t-il signalé à la Chambre quand l’exécutif a obtenu, le 4 novembre dernier, des super-pouvoirs pour le chef du cabinet, Alberto Fernandez, pour réassigner des parts budgétaires.Le rapport le plus récent de l’Institut des études de la CTA pointe que les réformes structurelles, comme celle sur les impôts (…), n’ont pas été envisagées et que le temps s’écoule en consolidant la pauvreté et les profits fabuleux des grandes entreprises. Au cours du second semestre de 2004, la pauvreté touchait 44,7% de la population et l’indigence 17%. La décélération dans la réduction de la pauvreté a des taux « inférieurs à ceux observés lors de périodes antérieures de croissance économique égale », ce qui permet de conclure que la détérioration des conditions de vie « devient structurelle, du fait que les réductions de la pauvreté et de l’indigence que montrent les étapes de récupération ne réussissent pas à retrouver les niveaux antérieurs à la crise ». Le chômage, qui est de 19%, touche 30% de la population active avec la sous-emploi, dans une période de croissance exceptionnelle de l’économie.
Dans la mesure où des réformes structurelles ne sont pas appliquées, la concentration de la richesse augmente : en 2004, la masse des revenus du travail a chuté de 11% par rapport aux niveaux déjà réduits de 2003, mais la chute est de 30% par rapport à l’année critique 2001, quand a explosé la crise. Par rapport à cela, les cent plus grandes entreprises augmentent leurs bénéfices de 47,7% (…).







