Kirchner est une énigme
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Kirchner est une énigme, ce « petit péroniste » à qui fut soudain offerte l’occasion de gouverner (ainsi le résument deux journalistes, Valeria Garrone et Laura Rocha, dans leur récente biographie intitulée : Nestor Kirchner, un muchacho peronista y la oportunidad del poder, éditions Planeta, Buenos Aires). Il a été mal élu (22 % des suffrages, après l’abandon de son adversaire Carlos Menem), le 27 avril dernier. Auparavant, il n’était qu’un obscur gouverneur patagon, ancien militant des Jeunesses péronistes devenu quinquagénaire et autocrate. Inconnu et sans charisme, mais marié à une sénatrice influente, Kirchner, quand l’ancien président Duhalde l’a désigné comme son dauphin, gouvernait depuis douze ans sa lointaine province de Santa Cruz, dans le sud du pays, après y avoir nommé ses juges et vassalisé la presse locale et non sans avoir fait modifier la Constitution régionale afin de pouvoir être réélu ad vitam aeternam. Fin politique, volontaire, idéologue aussi, mais condamné au pragmatisme que lui impose la ruine de l’Etat, il occupe le seul terrain d’action qui ne coûte pas trop cher : celui de la morale. Il a heureusement surpris tout le monde, peu après son élection, en remettant en question les lois d’amnistie protégeant les militaires des crimes qu’ils ont commis pendant la dictature. Il prétend aussi épurer la «maudite police » de la province de Buenos Aires, éradiquer la corruption et restaurer la sécurité sans « criminaliser la protestation sociale ». Et, pour masquer l’indignité de la faillite, il sermonne ses créditeurs. Et les patriotes applaudissent. Kirchner, affectueusement surnommé « le Pingouin », est devenu en quelques mois immensément populaire. Pour combien de temps encore ? Interrogé par La Nacion, Marco Aguinis, un célèbre psychanalyste — profession très prisée à Buenos Aires — reste réservé : « L’Argentine est une société d’émotions violentes, dit-il, capable de changer de sentiments sans crier gare.»

8 janvier 2007 at 9:41
[...] Ecrit par Patrick le 6 mai 2005 à 14h45 C´est ce que vient de nous faire savoir notre autocrate patagon par la voix du premier ministre. Comment voulez-vous gouverner un Etat et assurer sa sécurité sans cela ? Ah bon… on en apprend tous les jours par ici. Il y a quand même des leçons de démocratie dont on se passerait bien. En fait, les lois secrètes ne servent qu´à gérer des fonds secrets… et par ici, on sait à quoi ils servent. [...]