L´avortement en Argentine entre le poids de l´Eglise, la faiblesse de l´État et le silence de la presse
461 lecturesRomina Tejerina, mineure, a été violée par un de ses voisins et s´est retrouvée enceinte. En Argentine, l´avortement est illégal. Cachant sa grossesse, Romina a fini par accoucher et par tuer le nouveau-né. En fait, à sept mois de grossesse elle a accouché toute seule dans sa salle de bain, et suite au stress post-traumatique, a blessé mortellement la nouveau-née. Pour ce fait, elle a été condamnée à la prison à perpétuité. Le tribunal n´a pas tenu compte des conditions de l´assassinat (c´est le terme employé par la justice) ni du fait qu´elle ait été violée. Son violeur, quant à lui, est en liberté.
Pour le juge Argentino Suarez, le viol qu´a souffert Romina n’est pas important, et pour cela il n´apparaît même pas dans son dossier….
Le16 juillet, la cour de cassation a rendu son appréciation de la peine infligée à Romina et a confirmé sa peine. L´espoir était mince pour ne pas dire inexistant dans ce pays très catholique dont le ministre de la Justice est de l’Opus Dei.
On estime à entre 350 000 et 400 000 le nombre d´avortement par an en Argentine. Le nombre moyen de naissances est lui de 650 000. ce qui veut dire qu´il y a un avortement pour deux accouchements à terme. Entre 30 et 40 pour cent des lits des services publics de gynécologie sont occupés par des femmes qui souffrent de complications suite à des avortements « maisons » ou mal faits. La majorité de ces femmes ont un niveau de ressources économiques faible. Il faut savoir que c’est la cause de 200 000 morts par an.
