L’administration municipale dans le collimateur

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Je lisais en souriant l’autre jour que le Maire de Paris avait un peu dépassé les bornes en augmentant considérablement le nombre d’employés municipaux. Plus de 50.000 personnes, c’est vrai, ça fait quand même un chiffre.
Ici à Buenos Aires, pour autant qu’on puisse le savoir avec certitude, c’est que tout est bien compliqué ma pauvre dame, on dépasse allègrement les 120.000 personnes.
Chaque administration a laissé sa couche de ñoquis, ceux que l’on paye sans qu’ils ne viennent jamais, ce sont certainement les moins coûteux, ils ne dépensent ni électricité ni papier, ceux qui ne sont là que pour organiser des rackets divers, ceux qui répondent à des mouvements politiques ou syndicaux.
En partant, Telerman n’avait pas échappé à la coutume puisqu’en plus de ceux qu’il avait titularisés pendant sa courte période de Maire il avait titularisé plus de 2300 personnes juste avant son départ.
Les services de santé, la sécurité sociale, gérée par les syndicats ont dû être intervenus pour de nombreuses irrégularités. Un classique, vous pouvez voir à ce sujet un billet de Dul qui vous en parle.
Bref une image qui se répète malheureusement dans toutes les administrations argentines qu’elles soient municipales, provinciales ou nationales.
Cerise sur le gâteau, ce matin on vient d’apprendre que les services de médecine du travail de la Mairie avaient donnés plus de 2.700.000 jours de maladies aux employés municipaux en 2007. L’équivalent de 73 siècles et de 20 jours de maladie par employé municipal.
Je ne sais pas s’il pourra faire grand-chose, mais il me semble important de mettre, comme il le fait, tout cela au grand jour. Ce n’est pas un problème spécifique à la Mairie de Buenos Aires, il est commun à toute l’administration argentine et a été la cause ou peut-être la bonne excuse pour les privatisations des années 90.

Imaginez un instant que nos syndicats ressemblent plus à des organisations mafieuses qu’à ce que nous connaissons aujourd’hui. Qu’on leur donne à gérer notre système de santé. Que leurs patrons, sans que le moindre contrôle soit possible, soient propriétaires d’appartements valant des millions d’€uros, de larges exploitations agricoles dans la Beauce et de somptueuses villas de vacances à Saint-Tropez, qu’ils ne soient jamais remis en cause, qu’ils passent le relai syndical à leurs enfants comme un droit régalien et qu’il vous faille faire des kilomètres et attendre des jours entiers pour voir un médecin !
Et tout cela, au nom de forces soi-disant progressistes.

2 Commentaires pour “L’administration municipale dans le collimateur”

  1. stephane dubard a dit:

    Un post comme toujours instructif et effarant. Mais j’ai été tellement effaré que je n’ai pu m’empêcher de refaire votre calcul. 73 siecles (et 20 jours) d’arrêt maladie on bel et bien été attribués… au total! Cela fait au final 22,4 jours par salarié. Ce qui reste tout à fait surprenant évidemment. J’espère que vous excuserez cette bénigne “correction”. Au plaisir de continuer à vous lire avec toujours autant de bonheur.

  2. Chroniques de Buenos Aires » Blog Archive » CHISTE a dit:

    [...] voudrais aussi signalé l’article de Patrick qui explique le bordel argentin. Nous ne sommes pas toujours d’accord sur les conclusions, [...]

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