La chute d’Aníbal Ibarra, Maire de Buenos Aires
227 lecturesPersonne ne jugera ici de la responsabilité civile ou pénale que le premier édile de la ville porte dans l’incendie de la disco Cromagnon qui a fait 193 morts.
Des candidats il y en a plein. Les fonctionnaires municipaux qui devaient contrôler la disco afin qu’elle soit aux normes de sécurité et qui préfèrent recevoir argent sonnant et trébuchant plutôt que de faire leur métier, les différentes commissions de sécurité comprenant pompiers et policiers qui savent aussi très bien fermer les yeux contre récompense, le groupe de Rock Callejeros qui invitait systématiquement ses fans à tirer des feux de bengale dans tous les endroits ou ils jouaient, et Chaban le propriétaire supposé de la disco qui sera vraisemblablement le seul à payer pour cette faute collective qui résume à elle seule le degré de corruption de la société argentine.
Mais Aníbal Ibarra vient cependant d’être destitué. Jugement politique pour une affaire qui remonte à 14 mois maintenant, résultat d’une gestion népotique, résultat d’un manque évident de sens politique.
Il avait eu besoin du Président Kirchner pour se faire réélire, il n’est pas péroniste, il faisait partie de ces quelques transversaux, par opportunité sans doute. Il vient d’obtenir de la part du péronisme une réponse à ses problèmes qui résume à elle toute seule la vraie nature de ce mouvement. Sur trois députés Kirchnérien, l’un a voté en faveur de la destitution, l’autre contre celle-ci et le troisième s’est abstenu.
De l’extrême droite à l’extrême gauche, Ibarra ne s’est trouvé aucun ami. Ni pendant son premier mandat, ni durant le second, il n’avait cherché à s’en faire.
Il y a des jours comme cela où les mauvaises raisons, l’opportunisme et les calculs politiques, la rancoeur, provoquent de justes décisions.
Ils sont rares, c’en est un aujourd’hui.
