Argentine au jour le jour Rotating Header Image

La crise financière et les lieux communs

Entre les différents articles de presse, elle fait toujours aussi bien ses choux gras lors des catastrophes, mais qui se veulent tous rassurants et à la portée du plus petit dénominateur commun de l’intelligence planétaire, il est intéressant de suivre quelques opinions laissés par les internautes. Elles sont de temps en temps mieux charpentées et mieux élaborées que celles des professionnels du thème, qui ont certainement des contraintes éditoriales à respecter au pied de la lettre.
Si ma mémoire est bonne, j’ai copié ces deux interventions sur Le Point. Elles faisaient suite à un article de BHL sur la crise, qui ne m’a laissé aucun souvenir sur le fond, mais dont j’apprécie toujours la forme.
Bonne lecture.

Pour en terminer sur mes messages à propos des « faillites » de certaines banques ici ou là dans le monde, je voudrais préciser certains points capitaux. Tout d’abord, la France est un très gros acteur dans ce marché mondial des produits financiers dérivés (dont le montant global est de plusieurs milliards de milliards de dollars). Il faut savoir que pour chaque € d’une action cotée, il se crée dessus 1 000, 10 000, 100 000, 1 000 000 € de produits financiers dérivés (options, options sur options, options sur indices, contrats à terme, options sur achat d’actions, options sur vente d’actions, options sur achat ou vente de toutes devises, options sur achats ou vente de toutes matières premières, et ainsi de suite jusqu’à plus soif). Si par exemple vous souhaitez vendre le droit d’acheter ou de vendre un actif à un prix d’exercice fixé, pendant une période finie, et que l’opération vous est au final, défavorable, vous pouvez perdre cent mille milliards d’€ (voire infiniment plus) sur cette SEULE opération. Compte tenu de toutes les accointances politico-financières de toutes natures et sur tous les continents, je vous laisse aisément imaginer toutes les manipulations de cours d’actions en sachant fort bien que l’objectif final n’est pas le profit sur l’action manipulée, mais sur les options adossées sur les actions dont les cours ont été manipulés. Les fraudes sont si géniales et si complexes que je conçois mal que Madame Christine Lagarde puisse s’y retrouver ! Elle qui chapeaute l’ensemble du système financier franco-mondial. Voilà ! Cette fois-ci, tout est dit.

La réponse :

Ce qu’il faut dire tout de suite est qu’ici ce n’est pas le capitalisme qui est en cause, mais « un certain capitalisme », celui que la politique a pu corrompre au cours du temps, à la suite de la « dérégulation » des marchés financiers. Mais attention, le mal réside dans la corruption du pouvoir, non dans la dérégulation. Prenons l’exemple des banques d’investissement. Leur faiblesse est notoire, car elles sont sous-capitalisées par rapport à l’exposition aux volumes d’affaires. Pour tout arranger le pouvoir politique en a transféré le contrôle de la Federal Reserve à la Sec, l’organisme de la Bourse américaine préposé à la réglementation et au contrôle des marchés financiers. C’est qui a permis et permet toujours des ajustements douteux. Cela dit, sans le dynamisme de ces fonds d’investissement qu’en serait-il d’une Silicon Valley ou de l’Internet Economy ? Ces noms n’existeraient tout simplement pas. Les produits financiers dérivés ont permis aux nouvelles banques d’affaires américaines d’octroyer pendant toutes ces années des crédits immobiliers aux familles immigrées aux États-Unis et consentir ainsi l’accomplissement de leur rêve américain. Le même n’aurait pas pu se produire avec le fonctionnement des vieilles banques. Sans l’instrument du leverage buy out, élaboré toujours à la suite de la dérégulation, le financement par emprunt de l’acquisition d’une société n’aurait jamais vu le jour. Merci à cet instrument des sociétés à l’abandon ont pu renaître et, une fois restructurées, être revendues générant au passage de la valeur et de l’emploi. Une dernière mise au point pour ceux qui disent : les produits financiers sont la peste du capitalisme et il faudrait abolir les marchés financiers et la spéculation. Faux et archifaux. La diversification de l’investissement sur les différents produits permet de minimiser le risque des fluctuations économiques. À qui profite-t-il le plus ? Le riche a toujours de quoi se retourner dans une mauvaise passe. Les marchés financiers sont surtout une opportunité pour le pauvre qui peut faire appel aux capitaux d’emprunt pour redresser une situation difficile. Donc et en conclusion, ses instruments, les leviers financiers sont à la base d’une économie libre et saine, pourvu qu’ils soient régulés par des autorités publiques. Les interdire signifierait la mort d’une économie de marché et par conséquent celle de la liberté de la société.

Autres billets pouvant vous intéresser :

Pas encore de commentaire pour “La crise financière et les lieux communs”

Laissez un commentaire

« retour commentaires texte