La guerre des gangs
348 lecturesRevenons sur les deux affaires qui viennent de défrayer la presse nationale et internationale. Celle de Felisa Miceli et de Romina Picolotto.
Tout d’abord, elles ne sont rien si on les compare à des scandales comme ceux de Skanska et des concessions pétrolières accordées récemment dans la Province de Santa Cruz.
Bien sûr, ce n’est, se dira-t-on, que la partie immergée de l’iceberg. C’est vrai, mais c’est surtout une guerre impitoyable qui couvait depuis des années qui vient de se déclarer entre Julio De Vido, ministre de la Planification et Alberto Fernández, Chef de Cabinet, c’est à dire Premier Ministre.
De Vido, c’est l’aile pingouine du Gouvernement, l’homme de confiance de Nestor Kirchner, son caissier dit Elisa Carrio, qui vient directement de la Province de Santa Cruz.
Alberto Fernández, c’est le péronisme de la Capitale, c’est lui qui pousse depuis des mois la candidature de Cristina Kirchner.
Tous les deux savent qu’il faudra bien oxygéner le cabinet après les élections et qu’un des deux en fera les frais. À moins que l’opposition se ressaisisse et s’allie en faisant fi des individualités et de l’égo des candidats potentiels, tâche improbable, c’est, sans l’ombre d’un doute Cristina qui sera la prochaine présidente de l’Argentine.
Les journalistes sont donc à la fête, comme ils ne l’ont jamais été depuis 2003. Depuis cette date, pas une conférence de presse et un mépris profond et affiché pour ceux qui ne louent pas quotidiennement les actions du gouvernement.
Pas de contrôle possible, non plus, puisque le parlement a entériné chaque année l’usage discrétionnaire des fonds publics pour cause d’urgence économique.
À ces deux clans principaux répondent différents organes de l’état et, comme on avait l’habitude de le dire à l’époque de Menem, on vole pour la couronne.
Il ne faut pas être surpris par le fait que des documents compromettants se trouvent soudainement entre les mains des journalistes. Chaque clan diffuse de quoi mettre en difficulté son adversaire. Ils n’ont que l’embarras du choix.
On aura beau accuser l’opposition de commencer une campagne nauséabonde contre Cristina Kirchner, c’est bien parmi les proches du pouvoir et ceux qui veulent s’y perpétrer qu’il faut chercher les responsables.
Tags: Cristina, Felisa Miceli

(2 votes, moyenne: 4.5 sur 5)