La justice et les années de plomb
689 lecturesLa justice et les témoins ont peur. Qui peut les protéger ?
C’est le Movimiento Argentinos en el Exterior qui a retrouvé les traces de Rodolfo Almiron, un des chefs de la triple A et qui l’ont dénoncé au juge espagnol Baltasar Garzón.
Car contrairement à ce que beaucoup pensent encore la triple A a été au départ une organisation péroniste qui était dirigée par Lopez Rega depuis le Ministère du Bien-être social.
La justice argentine a attribué à la Triple A pas moins de 1.500 assassinats, les premiers sous la présidence de Juan Perón (1973-1974) et la majorité sous le mandat de sa veuve Isabel Martinez de Perón qui lui succéda à la tête du pays de 1974 à 1976.
On comprendra qu’il n’y a jamais eu énormément d’effort pour rechercher ces tortionnaires, d’autant que vont être impliqués dans cette affaire des anciens ministres de Carlos Menem et de Nesor Kirchner tout comme des alliés d’Eduardo Duhalde.
Bref la fine fleur du péronisme.
Devant les interrogations de Baltasar Garzón il a bien fallu déclarer les crimes de la triple A comme des crimes de lèse humanité ne pouvant être prescrits. L’Argentine a donc demandé l’extradition du sinistre individu et les organisations locales des Droits de l’Homme en ont aussi profité pour exiger une demande d’extradition de Ricardo Miguel Cavallo qu’on avait curieusement oublié en Espagne.
Aujourd’hui, par ici, on ne parle plus du Movimiento Argentinos en el Exterior et tout semble être dû à une initiative du gouvernement.
Il faut reconnaître que la situation n’est pas simple pour Kirchner. Sa volonté de faire passer en justice les tortionnaires de la dictature est réelle et personne n’en doute, mais les menaces faites aux juges et aux témoins rendent cette tâche de plus en plus difficile.
Bien sûr Etchecolatz a été condamné grâce au témoignage de Jorge Lopez, mais ce dernier qui devait continuer à témoigner a disparu depuis plus de trois mois maintenant.
Hier, c’est Luis Ángel Gerez, qui devait témoigner contre le commissaire Luis Patti, qui a lui aussi été enlevé.
Et comment protéger tous ces gens, les témoins, les avocats, les juges…
La police ? Le nombre de tortionnaires parmi les siens est élevé.
les services secrets ? Il en va de même.
Quant au pouvoir politique, on aura compris qu’entre les compromis assumés par le passé et leur silence durant ces 20 dernières années, il lui soit bien difficile d’accompagner fermement la volonté de clore par des décisions de justice ce qu’on a appelé le terrorisme d’État et qui a fait 30.000 morts dans le pays.

29 décembre 2006 at 12:50
QUELLE RELATION EXISTE ENTRE L’AFFAIRE DE LA TRIPLE A ET LA DISPARITION DE M. GEREZ ?
29 décembre 2006 at 12:55
Pas de relation à priori si vous lisez bien, Gerez devait témoigner contre Patti. J’ai simplement mis ensemble tout ce qui était relatif aux tortionnaires et à la justice en ce moment.
29 décembre 2006 at 13:53
Ah d’accord cher ami Patrick, maintenant je comprends, tu veux mettre en exergue l’affaire des Droits de l’homme en Argentine dans sa globalite, c’est ca ?
29 décembre 2006 at 13:59
Ici on parle de la Triple A des procès à venir que ce soit sur des affaires d’assassinats ayant eu lieu avant ou pendant la dictature, du problème réel pour réaliser ces procès, tout d’abord lorsqu’ils regardent la période péroniste ensuite les militaires.
Les enlèvements de témoins qui ont lieu actuellement, les pressions et menaces faites aux juges aujourd’hui.
Il y a trois liens dans l’article qui doivent par ailleurs en ouvrir d’autres, le mieux serait de tout lire, vous ne croyez pas.
29 décembre 2006 at 17:19
J’ai comme l’intuition que Jorge Lopez va réapparaitre peu de temps avant les présidentielles de 2007…
29 décembre 2006 at 17:29
Lola, on a retrouvé un cadavre sans tête et sans bras dans le riachuelo cet après-midi et tout le monde craint que ce soit lui.
30 décembre 2006 at 7:15
[...] Ecrit par Patrick le 30 décembre 2006 à 7h15 Il avait disparu depuis mercredi. Son corps présente des marques de brûlures de cigarette et de coups. On lui aurait aussi fait croire qu’on allait le fusiller. Il est à l’hôpital en état de choc. Manifestement ceux qui l’avaient enlevé n’ont pas pu le transférer en lieu sûr et ont préféré le relâcher. Julio Lopez, quant à lui, est toujours introuvable. [...]
12 janvier 2007 at 7:07
[...] voir aussi : La justice et les années de plomb [...]