
La place devant chez moi est bouclée. On y fait des travaux, pour 3,5 millions de pesos c’est-à-dire un peu plus d’un million de dollars. Pour faire quoi ? Changer les pelouses et autres broutilles. Vous trouvez ça cher, moi aussi. Mais les frais latins, vous savez…
Ma petite chérie et moi on a depuis toujours des sacs plastiques pour récupérer les défections de nos animaux. Cela paraît normal. Question d’éducation, c’est tout.
Ce matin, cela fait quelques jours maintenant que la place est fermée et cela va durer un certain nombre de mois, je me suis rendu compte que les trottoirs qui entourent ce jardin se sont transformés en un véritable dépotoir. Des étrons tout au long du chemin. Quelque chose d’incroyable.
Il reste encore des petits coins de pelouse, mais c’est encore pire.
Cette après-midi, la police gardait ces endroits et interdisait aux passants avec des chiens d’y accéder.
Il existe des lois et en particulier des amendes pour ceux qui ne nettoient pas les dommages odorants laissés par leurs animaux domestiques.
Avec la plus grande prudence, pas la peine de se prendre une balle perdue, je demandais donc à l’aimable flic de service s’il ne serait pas plus intelligent de donner une amende à ceux qui ne respectaient pas la loi plutôt que de les empêcher d’aller avec leurs animaux sur ces parcelles de terrain.
— Vous savez les amendes, c’est comme les impôts, personne ne les paye.
— Bon, mais quelle loi vous permet de m’empêcher d’être ici avec mon chien ?
Pas de réponse, mais il se plaça devant moi en gonflant le torse.
Après tout si la majorité des argentins se refusent à obéir aux lois pourquoi voulez-vous que la police se préoccupe de celles-ci ?








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