L’Argentine menacée par la «soja dépendance»
292 lecturesL’économie argentine va mieux, beaucoup mieux qu’il y a deux ans, au plus profond de la débâcle qu’a connue ce pays. Mais ce « mieux » est fragile, d’autant plus fragile qu’il ne repose que sur une seule activité : l’exportation de graines, d’huile et de tourteau de soja. En quelques années, l’Argentine est devenue le troisième producteur mondial de cet oléagineux derrière les Etats-Unis et le Brésil. Les exportations de soja ont rapporté l’an dernier à ce grand pays sud-américain la moitié des quinze milliards de dollars générés par l’agriculture. Cela permet de rembourser la dette argentine et c’est 13 % des recettes fiscales du pays. Cela devrait être encore plus cette année. Dans les campagnes argentines, en huit ans, les surfaces consacrées au soja ont doublé. Et elles devraient continuer à progresser puisque cela rapporte nettement plus que les autres cultures comme le coton où les céréales. Force de la demande chinoise oblige, les prix mondiaux du soja sont à leur plus haut niveau depuis quinze ans.
Mais, mettre tous ses oeufs dans un même panier, a toujours été dangereux. Cela n’a jamais été un facteur de développement comme peuvent en témoigner les Vénézuéliens et leur excessive dépendance au pétrole. Comme pour le pétrole, les cours mondiaux du soja sont fixés sur des marchés à terme, à Chicago en particulier, où la fluctuation est la règle. Le jour où la Pampa argentine sera recouverte de soja à l’exclusion de toute autre activité et où les cours du soja s’effondreront, l’économie argentine serait de nouveau en péril. Les économistes argentins en sont conscients. Toute la question est de savoir si cela suffira à freiner le mouvement vers ce qu’on appelle à Buenos Aires la « soja dépendance ».
