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L’Argentine règlera le Club de Paris, quand, comment, pourquoi

Tout d’abord, ce fut une nouvelle qui en a surpris plus d’un. Les principaux intéressés, le Président de la Banque Centrale et le Ministre des Finances ne l’ont appris que quelques instants avant l’annonce faite par Cristina.
On a bien essayé pendant quelques mois de renégocier ce passif sur 10 ans à 5 ou 6 % d’intérêts. Mais il fallait pour cela l’aval du FMI qui ne pouvait être donné sans l’envoi d’une mission en Argentine pour évaluation.
Hors de question pour l’Argentine de montrer ses chiffres, en particulier ceux de l’inflation. Une grande partie des bons du Trésor émis lors de la renégociation de la dette sont indexés sur celle-ci.

D’autre part, l’Allemagne, l’Italie et le Japon étaient opposés à cette solution si elle ne prenait pas en compte les holdouts, c’est à dire ceux qui n’ont pas accepté la renégociation de la dette, cela représente 23 milliards de plus.
Vainement on a essayé d’obtenir une renégociation sans aval du FMI jusqu’à ce que Thomas Shannon, secrétaire d’État adjoint au bureau des affaires relatives aux Amériques, refuse définitivement cette solution.

Le prêt d’un milliard de dollars à 15 % d’intérêts, accordé par Chávez, mit d’une manière ou d’une autre le feu aux poudres. Le manque de confiance sur la récupération de l’Argentine et son sérieux fit la une des journaux économiques du monde entier et obligea le gouvernement à utiliser une bonne partie de ce milliard pour racheter ses propres bons du Trésor afin qu’ils ne s’écroulent pas davantage.
Or l’industrie et l’économie argentine ont besoin de l’accès aux crédits internationaux pour pouvoir se développer et investir.

Ce sont donc 6,7 milliards de dollars (pas tout à fait, nous allons en parler plus loin) qui vont être payés. Les créanciers sont l’Allemagne (30 %), le Japon (25 %), l’Italie et l’Espagne (8 % chacun), la Hollande (9 %) et les États-Unis (7 %). La moitié de cette somme est constituée par des dettes souscrites par la Dicture Militaire. Cette somme sera prise sur les réserves de la Banque Centrale.

On va bien entendu renégocier cette somme dont 30% est constitué d’intérêts divers, l’Argentine et le Club de Paris se sont donnés 35 jours pour se mettre d’accord sur le montant exact à payer. Cela devrait donc être revu à la baisse, c’est de bonne guerre et permettra à l’administration locale de présenter cette différence comme une victoire.

Il n’en reste pas moins que Sean McCormack,  porte-parole du Departement d’État des États-Unis, a déclaré que cela constituait un bon début et un premier pas vers la normalisation de ses relations économiques avec le reste du monde, ce qui sous-entendait clairement qu’il faudra dans un proche avenir rouvrir la renégociation de la dette extérieure laquelle fut refusée à son époque par un nombre important de teneurs de bons argentins et pour une somme qui dépasse les 20 milliards de dollars.

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