l’asymétrie selon Kirchner

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Vendredi 17 décembre 2004 - 10:52

Entre le Brésil et l’Argentine rien ne va plus depuis un certain temps déjà. Dans un billet précédent intitulé Petit déjeuner entre Lula et Kirchner, la soupe à la grimace, du 20/09/2004, et alors que tout le monde disait le contraire, Argentine au jour le jour s’en faisait déjà l’écho.
De quoi s’agit-il ? L’Argentine traditionnellement avait une balance commerciale positive pour ce qui concerne ses échanges commerciaux avec le Brésil, et ce, même pendant l’époque de la convertibilité.
Depuis quelques mois, en fait la situation s’est aggravée au début 2003, c’est le Brésil qui tient la tête et de loin. D’autre part, les derniers investisseurs industriels qui se sont présentés dans la région ont préféré le Brésil et délaissé l’Argentine.

Pourquoi cette situation ? Tout d’abord, le Brésil gère son économie d’une manière planifiée et a su ces dernières années mettre en oeuvre des politiques de prêts bonifiés pour développer les petites et moyennes entreprises et les aider ainsi à s’équiper.
L’Argentine, quant à elle a une gestion au jour le jour, les plus favorisés, les exportateurs agricoles maintiennent une pression permanente sur le gouvernement demandant des baisses d’impôts au fur et à mesure que leurs revenus augmentent.
Elle n’est, d’autre part, pas équipée pour répondre à une demande d’accompagnement de ses petites entreprises industrielles, pas de fonctionnaires formés à cela, une administration corrompue capable de décourager les meilleures volontés, qui par surcroît sont rares. L’entrepreneur argentin a su s’adapter à la forme de gouvernement qu’il subit et ne désire pas prendre de risques à long terme.
Le Brésil a, il y a quelques semaines, proposé de donner aux entreprises argentines impliquées dans le commerce du Mercosur les mêmes avantages, c’est à dire les mêmes prêts qu’à ses entreprises locales afin d’aider à leur intégration. La réponse argentine fut de faire la sourde oreille, spécialité locale.

La proposition de Kirchner, lors de cette réunion du Mercosur au Brésil à Ouro Preto ne présage rien de bon. Il y a asymétrie économique, le Brésil doit accepter de limiter ses exportations. Les plus riches doivent aider les plus pauvres, les bénéfices de l’intégration ne peuvent pas favoriser qu’un seul pays.
En résumé, n’allez pas trop vite, nous nous avons tout notre temps, participez à nos pertes comme nous participerons de vos gains.
Le blocage argentin ne peut en fait que favoriser le Brésil, les investisseurs sur le Mercosur, préféreront toujours s’installer dans le pays ou la consommation interne est la plus forte tant qu’une véritable intégration du Mercosur ne sera pas réalisée.

Donc après, c’est la faute aux Français, aux Allemands, aux Italiens, aux Japonais sans oublier bien sûr les Anglais, nous voyons poindre à l’horizon un c’est la faute aux Brésiliens qui viennent s’insérer dans une longue liste de responsables de la misère argentine. Je me souviens pourtant du : Que se vayan todos! On parlait alors des politiques argentins.

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