Le crime de Nora Dalmasso
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Cela se passe en Province, vous savez, ces Provinces où tout est lisse, où la bonne société va à la messe tous les dimanches et participe aux bonnes actions organisées pour combler le fossé entre les plus riches et les plus pauvres.
Les plus riches étant, bien évidemment les élus de Dieu, ce qui ne les empêche pas de penser aux plus déshérités, même si quelque part ils sont convaincus qu’ils ont bien mérité leur aisance et qu’il y a une bonne raison au malheur des autres.
Nora Dalmasso était mariée à un éminent membre de la société de Rio Cuarto, médecin dans la province de Córdoba.
Une fin de semaine, pendant laquelle son tendre époux était parti jouer au golf à Punta de l’Este en Uruguay, on la retrouve morte étranglée dans son lit conjugal.
S’il est vrai que les expertises montrèrent qu’elle avait eu des rapports sexuels, peu avant de mourir, aucune trace de viol ne put être trouvée.
On fit quelques prélèvements pour trouver l’ADN de son amant.
La bonne société commença à s’émouvoir, chez les politiques de la Province tout comme chez les entrepreneurs et autres notables.
Entre démissions de hauts fonctionnaires et confessions plus ou moins spontanées, on finit par comprendre que le nombre de ses amants dépassait largement le nombre des nominés aux Oscars et qu’ils étaient aussi célèbres que Brad Pitt peut l’être à Hollywood.
Par deux fois, les analyses d’ADN restèrent muettes, pour une mystérieuse raison il y eut impossibilité à faire parler les prélèvements. Puis on nous expliqua que le dernier à avoir fait l’amour avec elle n’était pas forcément le coupable. Il pouvait s’agir d’un rôdeur.
Soit.
Les choses commencèrent à s’aggraver lorsqu’on apprit que dans ce beau et riche country de la Province, la maison du médecin servait à des fêtes swingers. Cela mit mal à l’aise ces dames de la bonne société, car, si elles pouvaient dire jusqu’à présent — un jupon qui passe, vous connaissez les hommes… et puis cette aguicheuse… — Elles ne le peuvent plus aujourd’hui. Quelle tête faire à la messe ? Et puis ces regards narquois du petit peuple !
Le Gouverneur de la Province, maître et Seigneur de toutes les institutions, demanda alors fermement à la Police de faire correctement son travail.
On trouva un menuisier, jeune garçon un peu violent, qui travaillait dans le coin, et puis un retardé mental presque aveugle qui témoigna que oui ce devait être lui.
Inculpé et mis en prison.
C’est alors que le bon peuple se fâcha et commença à défiler et manifester jusqu’à ce qu’on libère le jeune homme.
On vient de changer les procureurs pour faire plaisir à la plèbe, mais on continue à chercher toutes les preuves possibles pour inculper le menuisier.
(voir video)

15 février 2007 at 21:26
Patrick:votre billet a l’air un peu maniqueen,on se croirait dans la série Dallas,la bonne société ne va pas sûrement à messe,c’est plutôt le petit peuple,la vie en province n’est pas forcement plus lisse qu’a Bs.As.,vous jugez les provinciaux comme tous les portenios,je connais bien Rio Cuarto,et si la police et la justice font mal leur boulot,surtout en province,c’est tout simplement parce que comme pour tout en Arg,la Capital passe devant.
15 février 2007 at 21:45
C’est exactement l’effet voulu Benur
En Province la bonne société va à la messe, sinon cela se sait, dans la capitale on est plus anonyme.
Je vous parlerai plus tard d’un autre crime à Buenos Aires, c’est encore pire que celui de Rio Cuarto