Le juge Roberto Gallardo se prend pour le Maire de Buenos Aires
427 lectures
La crise économique de 2001 a vu naître un nouveau type de moyen de survie à Buenos Aires. Ce sont les cartoneros. Tous les soirs ils font les poubelles, en sortent les cartons, d´où leur nom, trient tout ce qui peut être vendu, tout ce qui peut être mangé.
voir cet article :
La scène se répète inlassablement. D’abord, on entend le cliquetis d’un vieux caddie. Puis c’est une ombre furtive que l’on voit passer. Cette ombre s’arrête près d’un sac poubelle que quelqu’un a abandonné sur le trottoir moins de dix minutes auparavant. Après une brève inspection du sac, l’ombre et son caddie continuent leur chemin, sans rien emporter.
Le juge Roberto Gallardo, personne ne lui demandait rien, avait émis un jugement contre la ville, lui demandant de verser 205 pesos à tous les enfants de cartoneros afin d´éviter le travail infantile.
Louable décision, certes, mais qui ne lui appartient pas de prendre, car les finances de la Ville font l´objet d´un budget que seul peut modifier ses représentants.
Cette décision de justice n´a donc pas été suivie d´effet, raison pour laquelle, hier, il a bloqué tous les comptes bancaires de la Ville, soit plus de 1.100 millions de pesos.
Avez-vous noté, vous aussi, que c´est pendant les campagnes électorales que les bons sentiments pleuvent de toutes parts, les insultes aussi d´ailleurs.
On navigue entre larmes à l´oeil et l´arme au poing.

6 septembre 2005 at 19:41
Bonsoir(il est minuit et quart à ma montre), je vous écris à nouveau car j’adore consulter regulièrement votre blog aux accents mordants mais affutés concernant l’argentine (j’espère que vous aurez encore la foi pendant longtemps).
Mais si je vous laisse ce message c’est parceque je me souviens que ma mère enseignait bénévolement à lire et à ecrire aux enfants des bidonvilles pendant les années de plomb (j’entends par là l’epoque des “Triple A” jusqu’à la dictature officialisé de 1976 et après bien entendu)…dans la province de Buenos Aires très exactement, grace à un versant progressiste de l’eglise qui organisait notamment des soupes populaires et des cours du soir pour les enfants et les adultes qui travaillaient.
Or les élèves de ma mère faisaient exactement le travail des cartoneros de la capitale: ramassage et tris des ordures pour parler gentimment.
Je m’etonne simplement de voir que beaucoup d’argentins ont encore la mémoire qui flanche: où avaient ils le nez à regarder pour ne pas remarquer la misère structurelle du pays…il aura fallu que la misère des provinces arrive à la capitale pour que certains se réveillent?
[répondre à ce commentaire]
6 septembre 2005 at 19:51
C´est un très beau témoignage, si vous avez envie de nous conter quelques histoires vraies sur l´Argentine, n´hésitez pas, je vous organise ici même une rubrique ou vous pourrez publier sous votre nom.
[répondre à ce commentaire]