Le péronisme dans l´Argentine de Nestor Kirchner
135 lecturesLe péronisme n´est pas un mouvement politique dans le sens habituel du terme. C´est, en fait, une association d´entraide mutuelle d´une efficacité redoutable, ressemblant à la « Cosa Nostra », une espèce de tribu d´un autre âge avec ses mythes, son langage et dont le seul but est de maintenir ses positions là où il est installé afin de garder et gérer ses conquêtes. Le péronisme c´est l´immobilisme.
Il est au service de personnages dont le seul intérêt est d´empêcher la société argentine de pratiquer la politique comme on le fait dans d´autres pays, c’est-à-dire de savoir si l´on donne priorité à la croissance ou bien au progrès social, avec toutes les finesses que cela peut représenter, ne me faites pas dire ce que je n´ai pas dit.
Le péronisme déteint sur les autres forces politiques du pays qui ont bien du mal à survivre quand le débat qu´elles voudraient instaurer n´existe pas.
Le seul débat porte sur la constitution de listes pour les élections, sur « qui va gagner : Cristina ou Chiche ? »
Un débat sans importance et qui passionne les foules dans un pays dont les inquiétudes devraient être bien différentes, car il n´est pas encore sorti de la zone de turbulence des années passées.
Frustration manifeste de l´opposition qui voit, compte tenu du système électoral en vigueur, le risque de n´avoir aucun candidat élu du fait que les premiers et les seconds se partageront les postes à pourvoir, et que les premiers et les seconds, dans la province de Buenos Aires, ce seront Cristina et Chiche. Et la Province de Buenos Aires c´est pratiquement la moitié du pays.
Le péronisme est comme une pieuvre qui se nourrit du malheur, de la misère, et surtout de ses propres erreurs, un monstre invulnérable qui croît dans l´adversité.
La division du parti péroniste entre les partisans de l´ancien président Menem, le parrain Duhalde et le pingouin Kirchner aurait, dans une société normale, du être catastrophique vis-à-vis de l´opinion publique. Non, c´est tout le contraire.
Il est vrai qu´il y a des péronistes pour tous les goûts, des péronistes révolutionnaires, socialistes, marxistes, neo nazis, fascistes, modérés, réactionnaires, neo libéraux, il y en a même qui sont en contact permanent avec les extraterrestres, c´est vous dire.
Nestor Kirchner se targue d´être le représentant d´une nouvelle manière de faire de la politique. Ce ne sont que des discours, le débat politique est confisqué, dans la presse, dans un parlement atrophié, par une justice capricieuse et aux ordres, par un pouvoir exécutif qui ne consulte personne et ne gouverne que par décrets.
La route vers une véritable démocratie sera longue et passera obligatoirement par la destruction de cette hydre mafieuse qu´est le péronisme.
Le rêve de tous les transversaux, ces progressistes qui soutiennent le Président et qui ne sont pas péronistes, c´est que Kirchner soit celui qui terrasse ce dragon. L´idée est attrayante, car ce n´est que de l´intérieur que cette tâche peut être accomplie.
On se prend à rêver… mais notre homme en aura-t-il les moyens, et surtout, en aura-t-il la volonté ?
