Le président argentin, Nestor Kirchner, est accusé d´être l´otage ou le complice des services secrets

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Samedi 31 juillet 2004 - 10:28

Provenance de l´article LE MONDE | 29.07.04

Le rôle des services secrets argentins (SIDE) et leurs liens avec le gouvernement de Nestor Kirchner ont provoqué la première crise ministérielle grave depuis l´arrivée au pouvoir du président péroniste en mai 2003. Le gouvernement est otage ou complice du SIDE, qui opère comme une police secrète d´un Etat parallèle, disposant de fonds réservés et sans contrôle, a accusé le ministre de la justice, de la sécurité et des droits de l´homme, Gustavo Beliz, juste après avoir été limogé, pendant le week-end par le président Kirchner.
Selon M. Beliz, des agents de renseignements et d´anciens policiers se seraient infiltrés parmi les manifestants pendant les incidents qui ont éclaté le 16 juillet aux portes du conseil municipal de Buenos Aires. Ce bâtiment situé dans le centre de la capitale avait été violemment attaqué pendant cinq heures sans que les forces de l´ordre interviennent. L´insécurité et la violence sociale suscitent la polémique et entraînent une perte de popularité de M. Kirchner dans les sondages.
De quel progressisme parle-t-on en Argentine ? On a laissé intacte une structure qui est une espèce de Gestapo de l´ère démocratique, a affirmé M. Beliz. Selon l´ancien ministre, les services secrets traitent les problèmes de sécurité sans aucun contrôle, dans un climat très obscur et trouble. Il a critiqué une gestion absolument irrégulière des fonds du SIDE, qui pourraient servir à financer des partis politiques. Il a dénoncé une augmentation du budget du SIDE de 100 millions de pesos (quelques 28 millions d´euros) en 2003, à la suite de décrets secrets du président Kirchner et de son prédécesseur Eduardo Duhalde, également péroniste.

LOGIQUE DE LA TERREUR
Par le passé, le SIDE a été souvent accusé d’actions clandestines et illégales, comme les écoutes téléphoniques, le chantage ou le paiement de pots-de-vin. Dès son arrivée au pouvoir, M. Kirchner avait placé deux hommes de confiance à la tête du SIDE, Hector Icazuriagan et Francisco Larcher, qui l’avaient accompagné quand il était gouverneur de la province de Santa Cruz, en Patagonie (1991-2003). Le président avait promis de licencier 160 espions et d’effacer l’image glauque des “services”, pour en faire un organisme professionnel au service de l’Etat.
Gustavo Beliz a accusé le chef de l’Etat de “maltraiter” ses ministres, de les “humilier” et d’employer avec eux “une logique de la terreur”. Le président gouverne avec une poignée de proches collaborateurs, dont son épouse, la sénatrice Cristina Fernandez de Kirchner, mais ne convoque jamais de réunion ministérielle. “Il peut laisser passer quinze jours sans répondre à un appel téléphonique”, a indiqué M. Beliz.
Catholique fervent, que l’on dit proche de l’Opus Dei, ministre de l’intérieur de l’ancien président péroniste Carlos Menem (1989-1999), Gustavo Beliz avait démissionné en 1993 “écœuré par la corruption”, accusant le gouvernement d’être “un nid de vipères”. Il avait rejoint le parti crée par l’ancien super-ministre de l’économie, Domingo Cavallo, qui avait lui aussi dénoncé la corruption du gouvernement de M. Menem.
Christine Legrand

Pour plus de detais sur cette affaire et sur le site :
L’Opus dei en Argentine 2/06/2004
Incidents graves à la Mairie de Buenos Aires cet après midi 16/07/2004
Forte manifestation des Piqueteros hier et dans le calme 23/07/2004
Gustavo Beliz, Ministre de la justice, démissionné par Kirchner 25/07/2004
Beliz annonce, non sans une forte charge contre le gouvernement de Mr Kirchner, son retrait de la vie politique 26/07/2004

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