Le sens de l´humour est mal partagé
135 lecturesIl est vrai que nous avons sur ce blog longuement parlé du partage des richesses en Amérique latine, vaste sujet, mais rarement du sens de l’humour de ce continent. Et, croyez-moi, il est très mal partagé, lui aussi.
Que vous dire ! Nous avions rempli, ma petite chérie et moi, nos obligations de fin de semaine, les scottishs au Parc, je vous rappelle qu’ils sont trois, les courses. Non, pas la messe !
Comme chaque samedi et chaque dimanche nous avions ouvert une bouteille de Champagne argentin, il est excellent, je me félicitai aussi de la longe de porc que j’avais achetée et de pouvoir déguster cette excellente bouteille de Cabernet Sauvignon de chez Luigi Bosca qui m’avait été offerte récemment.
Sur cela, le livreur arriva. Bien que le supermarché soit à 100 mètres de la maison, nous nous faisons livrer à domicile. Vous ne pensez quand même pas qu’à mon âge je vais risquer un super Market Elbow, quand ce pays a besoin de diminuer son taux de chômeurs.
Je laisse toujours ma petite chérie s’occuper de la manière dont il faut ranger les provisions dans la cuisine, après tout, la cuisine, c’est moi qui fais et il me semble normal de laisser ce genre de tâches aux petites mains, comme on dit. Je n’arrive que pour donner la pièce au livreur, car je suis plus généreux que ma compagne argentine et je n’ai quand même pas envie d’avoir honte et de passer par surcroît une mauvaise nuit en pensant à cela.
Comme de coutume les trois Scottishs aboyaient sur le pauvre livreur. Il leur faut un certain temps pour se calmer, c’est comme ça. Ils ne sont pas méchants, ils veulent simplement être salués, mais cela, personne ne le comprend.
C’est alors que j’entrai dans la cuisine, et avec mon plus bel accent français, m’adressant aux chiens : bon, ça suffit les enfants, vous n’allez pas mordre celui-là comme celui de la semaine dernière, il y avait du sang partout et j’ai dû passer un temps fou avec la police.
Vous n’allez pas me croire, mais notre livreur est parti en courant vers l`ascenseur de service. Il me fut plus difficile de le calmer que de calmer mes bêtes, car comme vous le savez si vous partez en courant devant un chien qui aboie, vous gonflez tellement son ego qu’il se prend tout de suite pour Terminator.
Tout s’est ensuite bien passé, rassurez-vous, mais, le livreur parti, avec un excellent pourboire le pauvre, ma petite chérie qui ne manque pas non plus de sens de l’humour m’assena :
Tu ne comprends rien, Patrick, avec ton accent et la gueule sérieuse que tu prends dans ces cas-là, tu es comme Fox-news quand elle parle à l’Amérique profonde, tout le monde te croit !
Maintenant je le sais, moi non plus je ne suis pas drôle !

9 mai 2006 at 12:16
On m’aurait dit de parier, j’aurais dit que tu étais célibataire. Idée qui m’est sans doute venue par la franchise de tes récits et autre manières de parler…
9 mai 2006 at 18:23
Ah Ah Ah ! (ceci dit il y aurait un “ton célibataire” ?)
9 mai 2006 at 19:52
J’aurais pu faire des dizaines de bons mots là-dessus. Je compatis, c’est tout.