Les esclaves en redemandent, surprise générale
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Cette fin de semaine, dans un atelier de confection clandestin qui a pris feu, des Boliviens qui travaillaient et dormaient sur place ont trouvé la mort.
Des ateliers de confection clandestins, il y en a des milliers à Buenos Aires. La main-d’oeuvre est constituée d’immigrés, souvent illégaux, d’origine bolivienne. La police, les services de l’immigration, l’administration fiscale ont décidé, depuis bien longtemps de ne rien voir.
Il y a des économies souterraines qui régulent des problèmes qu’un État faible et absent est incapable de faire.
Devant ces morts, les conditions de travail dévoilées, 18 heures par jour, des dortoirs de 18 a 20 personnes, une nourriture à base de feuille de coca et de brouet clair accompagné de riz, des sanitaires quasi inexistant, un salaire de misère, il fallait consoler les bonnes âmes.
Voilà donc tous nos fonctionnaires cherchant, trouvant et fermant 18 ateliers clandestins en quelques heures.
Et puis, surprise, une manif, rien à voir avec le CPE, circulez, les Boliviens sortirent dans la rue, affrontèrent la police, demandèrent que cessent ces inspections et fermetures d’atelier. C’est que, disent-ils, et c’est malheureusement vrai, ils sont bien mieux traités en Argentine qu’ils ne le seraient dans leur pays ou le seul espoir qui leur resterait serait de mourir rapidement de faim avec leurs familles.
Ici ils mangent, mal, c’est vrai, leur maigre salaire permet d’alimenter les vieux qui sont restés au pays, leur femme, les enfants travaillent aussi.
J’en écoutai un ce matin à la radio, il disait : nous ne sommes pas des esclaves, nous avons du travail, et la dignité qu’il nous donne va bien au-delà de ces considérations.
Il y des jours comme cela, j’aimerais pouvoir donner des solutions, avoir un de ces discours parfaits que l’on apprend dans les écoles des syndicats ou des partis politiques, quelque soient leur couleur. Un de ces discours capables de convaincre une majorité que mes solutions sont les meilleures et que celles des autres ne valent rien.
J’aimerais, ces jours-là, pouvoir vous dire ce qui est bien et ce qui est mal.
Mais voilà, je ne peux pas.

4 avril 2006 at 10:56
Heureusement Patrick que vous ne pouvez pas…
4 avril 2006 at 11:31
Oui, il y a toujours un enfer à l’enfer. L’enfer suprême pour eux pourrait bien être pavé de nos bonnes intentions.
4 avril 2006 at 15:28
il n’y a pas qu’en Argentine que l’on rencontre ce problème, toutes les puissances du monde connaissent et couvrent ce type d’horreur, le coût du travail, la misère…., en Chine, en Inde ….dans le ventre de Paris
4 avril 2006 at 20:05
Bien sûr Yvon, mais ce n’est pas l’objet du billet…
5 avril 2006 at 8:57
pour connaître un peu les argentins, me trompe-je en disant que la communauté bolivienne (et les andins en général) est assez montrée du doigt et victime d’un racisme à peine dissimulé?
5 avril 2006 at 8:59
Aless, c’est exact
5 avril 2006 at 11:59
>surprise générale
C’est plutôt le fait que cette triste affaire de clandestins puisse surprendre les bien pensants qui me fait réagir.
Si on fait le parallèle avec la situation des jeunes qui sont véritablement dans la précarité, au bord de la pauvreté, on se rend vite compte qu’ils ne sont pas contre le CPE.
Seuls ceux qui ont encore des prérogatives à perdre s’insurgent contre le fait que d’autres moins bien lotis puissent accéder, sur une même ligne, aux strating-blocks de la grande course à l’emploi.
5 octobre 2006 at 4:11
moi je lance un sos pour ma situation.aidez moi à trouver un pays en amérique du sud pour travailler dans n’importe quel condition car je vie l’enfer en cote d’ivoire.
5 octobre 2006 at 6:48
levergore, qui par ailleurs publie son commentaire depuis la France, merci pour cet humour, vous aurez noté j’imagine le titre du blog, ici on parle de l’Argentine